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En marge de la Journée Arc-en-ciel en Montérégie, un événement organisé par la Table régionale des organismes communautaires (TROC) et les Corporations de développement communautaire (CDC) en collaboration avec le JAG, le seul organisme LGBT+ de cette vaste région qui compte avec les banlieues de la Rive-Sud de Montréal un million et demi d'habitants, le directeur général de l'organisme, Dominique Théberge a fait part aux médias de la réalité précaire de son organisation.
Après avoir souligné que l'initiative, une première en Montérégie, était un franc succès avec la participation de près de 200 personnes issues du milieu communauaire régional, et que le soutien des groupes communautaires à la cause LGBT+, ainsi qu’à son organisme était indéniable, il a rappelé la faiblesse de ses ressources pour faire face à la demande croissante qui résulte du sous-financement de sa mission. 
Malgré cet engouement et avec la montée de la violence, de l’homophobie et de la transphobie, particulièrement depuis les attaques frontales contre la communauté LGBT+ sur le territoire, comme à Sainte-Catherine, avec la manifestation contre l’heure du conte de la drag-queen Barbada, en plus du lynchage public de l'enseignante mx Martine à Richelieu, sans parler des nombreux rapports d’incidents violents rapportés par les organismes de service aux quatre coins de la Montérégie qu'il donne en exemple, le constat est alarmant : le JAG, actuellement ne peut suffire à la demande avec un budget annuel de 360,000$ pour opérer ses trois points de services à St-Hyacinthe, son siège social, Longueuil et Valleyfield. Avec pour conséquence que les listes d’attentes de demandes d’aide subissent des retards de plusieurs mois, alors qu'on y donnait normalement suite en moins d'une semaine. Ceci a occasionné la fermeture partielle du point de service de la Montérégie Ouest  par manque de financement, l'obligation de refuser plusieurs demandes de formation par manque de ressources et la liste ne fait que s’allonger.
« La montée de la violence, de l’homophobie et de la transphobie a fait céder la digue de protection qui était déjà fragile, soutient Dominique Théberge. Les victimes vivent l'éclatement de familles qui n’ont pas eu le soutien nécessaire, des professionnels qui sont désemparés ne sachant plus comment intervenir et trop souvent et de plus en plus, des Québécoises et des Québécois qui ont des idéations suicidaires ou qui passent à l’acte irréversible aussi jeune que 14 ans ! » 

Ayant la plus grande croissance démographique au Québec, avec une population qui augmente considérablement et étant la deuxième région la plus populeuse, il souligne qu'il est difficile de comprendre l’immense fossé entre le financement des ressources LGBT+ d’une région comme la Montérégie, et celui dédié aux ressources de la métropole québécoise, soulignant que la Montérégie est plus populeuse que six provinces canadiennes et que 11 états américains.
Malgré la rencontre positive récente avec le Centre intégré de santé et services sociaux (CIUSSS) de la Montérégie-Centre, qui a d’ailleurs reconnu le caractère unique du JAG, un organisme bien implanté dans son milieu depuis 25 ans et l’importance de consolider l’organisme sur l’ensemble du territoire, M. Théberge a tout de même des inquiétudes très sérieuses pour la suite, comme le CIUSSS n’a pas malheureusement pas tous les pouvoirs pour agir.
Lors de la visite dans les locaux de l’organisme en novembre dernier, le député de Taillon et ministre des Services sociaux, M. Lionel Carmant, a incoqué son incapacité à intervenir dans ce dossier. « Quoi qu’il en dise, je persiste en disant que pour changer les paradigmes dans le contexte actuel, il faut de la volonté politique et que le ministre Carmant a aujourd’hui l'occasion rêvée de changer la donne. Il en va de notre cohésion sociale, la seule option viable pour découvrir nos ressemblances et surtout, pour apprendre à vivre ensemble », de dire M. Théberge.

Ce cri du coeur, Dominique Théberge le lance en toute connaissance de cause après  avoir vécu dans son adolescence l'isolement et l'intimidation  dans la région et n'avoir trouvé à la polyvalente comme tout réconfort qu'un professeur de morale qui s'est avéré être  un agresseur sexuel qui a profité pendant des années de sa vulnérabilité, une jeunesse troublée qu'il a raconté dans son récit autobiographique Piégé publié en 2023. À l'époque, il n'avait pu rencontrer d'autres jeunes LGBT qu'en fréquentant l'organisme Jeunesse Lambda à Montréal. Son récit autobiographique témoigne des conséquences lourdes de ressources déficientes pour intervenir auprès des jeunes LGBT: auto-mutilation, pensées suicidaires, alcoolisme, problèmes scolaires, autant de problèmes qui handicapent les débuts dans la vie. Si le nouveau directeur de l'organisme depuis un an est passé à travers ses épreuves après tours et détours pour devenir le battant qu'il est aujourd'hui, ce n'est pas le cas de nombreux jeunes comme nous le rappelle le 15e anniversaire de la disparition de David Fortin ces jours-ci.

Alors que ça fera 20 ans en septembre que se sont tenus les derniers États-généraux LGBT à Québec en 2004 qui avaient revendiqué l'adoption d'une politique nationale contre l'homophobie et la transphobie de façon à soutenir l'action communautaire LGBT sur tout le territoire du Québec, le cri du coeur de Dominique Théberge nous rappelle que non seulement les ressources sont encore déficientes, mais que le clivage entre Montréal et le reste du Québec est encore très important alors que l'isolement se vit encore plus difficilement en-dehors des grands centres comme la métropole et les capitales.

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Une pièce de théâtre musicale sur la vie de La Poune présentée à partir de l'été prochain abordera son histoire d'amour secrète avec Gertrude Bellerive, qui aura duré plus de 40 ans.
"On parle de la femme de carrière, de tête, de théâtre, la féministe, la comique. Mais on a aussi décidé de parler de l'amoureuse, parce que de son vivant, elle n'en a jamais parlé», a relaté en entrevue Jade Bruneau, la metteure en scène du spectacle La Géante. Mme Bruneau joue également le rôle de «Gigi», l'amoureuse de La Poune.

C'est la petite-fille de Rose Ouellette (dite La Poune), Kathleen Verdon, de qui elle était apparemment très proche, qui a décidé de parler de sa vie amoureuse après sa mort. Le théâtre a d'ailleurs partagé une photo inédite de la collection personnelle de Mme Verdon, où l'on peut voir les deux femmes au Théâtre National.

«Dans le spectacle, c'est pas nécessairement ce qu'on met de l'avant. C'est plus qu'on ne le cache plus (...) cette histoire d'amour exceptionnelle, tellement touchante, qui a traversé le temps», a précisé Mme Bruneau.

La pièce de théâtre raconte le parcours de La Poune, dont l'ascension a semblé si facile, mais qui ne l'a pas été du tout en réalité, souligne Mme Bruneau.

«Évidemment, que c'était pas facile d'être avec une femme, d'être une femme dans un milieu où il n'y avait que des hommes, d'être une femme en poste d'autorité», a-t-elle indiqué.

Rappelons que La Poune a été la première femme à être à la tête d'un théâtre institutionnel en Amérique du Nord.

C'est Gabrielle Fontaine, que plusieurs petits connaissent comme étant Passe-Carreau, qui interprète le rôle de La Poune aux côtés de Mme Bruneau.

La pièce et les paroles sont écrites par Geneviève Beaudet et la musique est composée par Audrey Thériault.

Pour l'aspect musical, les spectateurs ne doivent pas s'attendre à un ton cabaret ou burlesque de l'époque de La Poune, prévient Mme Bruneau.

«Il y a des sonorités très modernes, en même temps on a l'accordéon d'antan. Il y a quelque chose de vraiment unique qui colle à la peau de Rose Ouellette», a-t-elle décrit, ajoutant que trois musiciens seront également sur scène chaque soir.

Le spectacle sera présenté dès le 11 juillet à Joliette, puis à partir du 15 août à Victoriaville. La pièce devrait ensuite se promener au Québec à l'été 2025.

Le Festival Massimadi, édition spéciale, célèbre le Mois de l'Histoire des Noirs du 15 au 18 février 2024 au Musée Mccord Stewart avec le thème de la Transcendance. Cette célébration cinématographique propose une variété de films, dont le documentaire d'ouverture, Disruptor Conductor (2019), qui offre un regard captivant sur la vie du chef d'orchestre afro-canadien Daniel Bartholomew-Poyser. Parmi les œuvres marquantes, Who I am Not (2023) de Tunde Skovran explore l'expérience intersexuée de manière émouvante, tandis que All the Colours of the World Are Between Black and White (2023) de Babatunde Apalolo aborde les défis des relations LGBTQ+ dans une société où l'homosexualité demeure taboue. RAIZES (2023) de Céline RUFFIN-BAYARDIN plonge dans l'univers de la batucada lesbo-trans-activiste Raízes Arrechas à Paris. Chaque projection sera suivie de cercles de discussion ou de sessions de questions-réponses favorisant un dialogue direct entre le public et les artistes. Le 17 février offre une rare opportunité d'assister à la première performance à Montréal du chef d'orchestre afro-canadien, Daniel Bartholomew-Poyser, en collaboration avec l’Ensemble Obiora. Cette édition spéciale promet une expérience transcendante, célébrant la diversité et la résilience des communautés noires LGBT

La Fierté dans la Capitale a annoncé aujourd’hui la première édition du Défilé sur glace qui aura lieu pendant le Bal de Neige, dans le cadre des événements de la Fierté hivernale. Le tout premier défilé sur glace de la Fierté au pays sera lancé sur la patinoire du canal Rideau, à la zone de repos Concord, le dimanche 11 février 2023, à 16 h, et se terminera à la zone de repos de la 5e avenue, dans le Glebe.

Le Défilé sur glace comprendra des prestations musicales, des DJ, des artistes drag en patins et le drapeau de la Fierté d’une longueur de 10 mètres de la Fierté dans la Capitale transporté par les membres d’Ottawa Pride Hockey. Les festivalières, les festivaliers, les membres de la communauté et les personnes alliées sont invités à se réunir au début du défilé, en patins ou à pied, ou à s’y joindre en cours de route.

« La Fierté dans la Capitale est déterminée à défendre les droits de la communauté 2ELGBTIA+ et à créer des opportunités de célébrer notre diversité. Nous avons la chance de d’être en mesure de célébrer cette diversité sur la plus grande patinoire au monde », a déclaré Callie Metler, directrice générale de la Fierté dans la Capitale.

« Bien plus qu’un simple rendez-vous hivernal, le Bal de Neige est l’occasion de célébrer la richesse culturelle et la diversité du Canada sous différentes formes. Que vous soyez adepte de plein air, de spectacles, d’expositions ou de découvertes culturelles, le Bal de Neige offre une programmation intérieure et extérieure qui saura plaire à tout le monde. Du 2 au 19 février 2024, soyez de la fête au 46e du Bal de Neige! »  estime Pascale St-Onge, ministre du Patrimoine canadien

Les activités de la Fierté hivernale auront lieu du 5 au 11 février et comprendront des spectacles de travestisme à l’extérieur sur la rue Sparks, une heure du conte animée par des artistes travestis et d’autres événements familiaux. Cette édition de la Fierté hivernale est présentée en partenariat avec le Bal de Neige.

La Fierté dans la Capitale célèbre la commaunauté 2ELGBTIA+ riche et diversifiée de la région de la capitale du Canada. Sa mission est de créer des opportunités de revendiquer, d’éduquer et d’unir les gens au moyen d’une programmation et d’événements organisés en partenariat avec des groupes, des entreprises et nos commanditaires communautaires.

Dès le 24 janvier sur la scène du Théâtre du Rideau Vert,, Benoit McGinnis se glissera sous les traits d’un héros qui contribua à mettre fin à la Seconde guerre mondiale : le brillant mathématicien Alan Turing. Dans La Machine de Turing de Benoit Solès, aux côtés de Gabriel Cloutier Tremblay, Jean-Moïse Martin et Étienne Pilon, et sous la direction du metteur en scène Sébastien David, Benoît McGinnis tâchera de réhabiliter un être exceptionnel pourtant méconnu
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Machine Turing
UN DESTIN TRAGIQUE ET HORS NORME

Plusieurs connaissent aujourd’hui les exploits du mathématicien Alan Turing grâce au film The Imitation Game (Le jeu de l’imitation) mettant en vedette Benedict Cumberbatch. C’est lui qui a inventé un gros appareil – qu’on considère aujourd’hui comme étant le premier ordinateur – afin de briser le code secret de la machine Enigma, que les Allemands utilisaient pour crypter leurs messages, et ainsi mettre fin plus rapidement à la Seconde guerre mondiale.
« Alors, quoi de mieux qu’une machine pour battre une autre machine ? Et qui de mieux qu’un fou pour battre un autre fou ? »
Pourtant, ce que plusieurs ignorent, c’est que ce héros est resté anonyme toute sa vie, contraint par les services sercrets britanniques à conserver ses extraordinaires exploits pour lui. Mais ce qui le ronge davantage encore, c’est un second secret : son homosexualité, qui n’est alors pas tolérée dans sa société et son époque. Sur ses épaules pèse le lourd poids de ces deux secrets, mais aussi du silence qu’il se doit de conserver. Persécuté en raison de ses préférences sexuelles, Alan Turing vit dans la honte et n’est pas pris au sérieux lorsqu’il porte plainte après avoir été cambriolé. C’est d’ailleurs son interrogatoire par un inspecteur de police qui le fera revenir sur sa vie et, en bout de ligne, qui le verra condamné pour grossière indécence et outrage aux mœurs devant le tribunal. Est-il seulement possible de porter une si grande souffrance tout en étant si brillant ?

UN SUJET DES PLUS ACTUELS

Alan Turing est aujourd’hui considéré comme étant le père de l’ordinateur et l’un des pionniers de l’intelligence artificielle. Ses travaux sont fondateurs de l’informatique en tant que science, et ses réflexions scientifiques et philosophiques nourrissent encore les débats. Mais au-delà de ses avancées technologiques, c’est son intégrité et sa lutte pour assumer son homosexualité dans une époque où celle- ci était illégale, qui lui font honneur, alors qu’encore une dizaine de pays dans le monde rendent l’homosexualité passible de peine de mort, et que plus de 70 nations la considèrent toujours comme un délit.

« Présenter La Machine de Turing est presque un devoir de mémoire. L’histoire d’Alan Turing est renversante. Persécuté et humilié parce qu’il était homosexuel, il est demeuré fidèle à ses valeurs en faisant face à la justice de l’époque. On peut dire qu’il a été un pionnier aussi pour les droits et libertés. Il n’y avait qu’un comédien pour chausser les bottes de ce grand homme : Benoit McGinnis. » – Luce et Lucie Rozon, Agents Doubles Productions

UNE PIÈCE PRIMÉE EN FRANCE

Créée en 2018 au festival Off Avignon, puis jouée au Théâtre Michel, La Machine de Turing de Benoit Solès connaît toujours à ce jour un grand succès en France. Interprétée par son auteur lui-même (dans le rôle de Turing), la pièce s’est vue remettre quatre prix Molière, soit celui de la meilleure pièce de théâtre privé, celui du meilleur comédien dans un spectacle de théâtre privé (Benoit Solès), celui du meilleur auteur francophone vivant (Benoit Solès) ainsi que celui du meilleur metteur en scène d’un spectacle en théâtre privé (Tristan Petitgirard)
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LA MACHINE DE TURING
24 janvier // 24 février 2024
Une production
Une pièce de Benoit Solès Adaptation Maryse Warda Mise en scène Sébastien David

Une première exposition pour l’ex-ministre Réjean Hébert

Les médecins Réjean Hébert et Yvon Boilard dévoilent un pan méconnu de leur vie dans l'exposition L’homme, dans tous ses états, présentée au Centre culturel Pierre-Gobeil à Sherbrooke.

J'aime encourager les artistes et j'aime le beau ! explique d'emblée Réjean Hébert, aujourd'hui retraité, mais toujours aussi passionné d'art. Yvon Boilard et lui sont bien connus pour leurs recherches et leurs carrières à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke. Cette fois, les deux hommes présentent un aperçu de leur propre collection d'œuvres d'art.

Pour l'amour des voyages et de l'art

Ce sont des œuvres qui suscitent une réflexion, qui suscitent une émotion, et nous voulons partager ça avec nos amis et la population. C'est la première fois qu'on rassemble nos œuvres d'art. Les grands voyageurs ont acquis, depuis 25 ans, une centaine d'œuvres d'art, ici comme à l’étranger, notamment en Asie, en Afrique, mais aussi au Canada et au Québec.

Par exemple à Mexico, y'avait un rassemblement d'artistes et le sculpteur était là avec cette œuvre, qui représente la solidarité masculine; ça nous a beaucoup marqués. On a ramené de Cordoue des sculptures en papier mâché, il y a des œuvres du Vietnam, d'autres d'Europe, de Monaco et de Nice où on a habité il y a quelques années d'ailleurs, raconte Réjean Hébert. Des trouvailles dénichées un peu partout, soit au hasard des rencontres, dans des galeries, des restaurants ou dans le cadre d'encans.

L'homme dans toute sa beauté

L'exposition présente donc 85 œuvres, qui illustrent toutes la figure humaine masculine, à travers différents médiums. Il y a des portraits de bébés, de personnes âgées masculines, des sculptures, des personnages troublés, des estampes. résume la commissaire de l'exposition, Suzanne Pressé, emballée par la proposition.

Réjean Hébert ne se définit pas comme un collectionneur professionnel. Un collectionneur, c'est quelqu'un qui est capable de sentir les tendances et de pouvoir faire des achats d'œuvres d'artistes qui deviendront des figures marquantes de l'art contemporain. "On n'est pas dans ce genre de collections. On est dans une collection où on aime ce qu'on achète, explique l'amateur d'art.. Ce n'est pas pour détecter de nouveaux talents, c'est plus pour embellir".

Après les grands succès Les feluettes (2016) et La Beauté du monde (2022), le dramaturge québécois Michel Marc Bouchard récidive en signant le livret de La Reine-garçon, une adaptation de sa pièce de théâtre, Christine, la reine-garçon. Il retrouve ainsi son complice, le compositeur Julien Bilodeau, avec qui la chimie est incontestable. Venez entendre de grandes voix d’ici dont celle de Joyce El-Khoury et Etienne Dupuis, dans une mise en scène d’Angela Konrad (Yourcenar, une île de passions – 2022).

NUL BESOIN DE TRÔNE LORSQU’ON SE TIENT DEBOUT.

Christine, reine de Suède, gouverne un peuple qui sort tout juste de la longue guerre de Trente Ans. Alors que de grandes réflexions philosophiques et scientifiques émergent partout en Europe, la reine Christine, élevée comme un garçon par son père, cherche à mieux comprendre la noirceur qui l’habite. Amour, convictions, devoir : comment faire la part des choses?

Le château d’Uppsala, 1649. La reine Christine, plus mâle que ses hommes de guerre, plus érudite que ses savants, fait venir dans son royaume René Descartes afin qu’il lui enseigne le mécanisme des passions qui habitent l’âme. Tiraillée entre le masculin et le féminin, entre foi et savoir, entre son amour pour une femme et l’État qui exige un héritier, elle cherche la vérité, sa vérité – en dépit de la rapacité des nobles, de l’ardeur des prétendants, de la folie de sa mère et, surtout, en dépit des fulgurances de ses propres passions.

C’est la première fois qu’ils travaillent ensemble et pourtant, leur complicité saute aux yeux. Au fil de la conversation, ils se relaient, se relancent, complètent les propos et les réflexions de l’autre. On se changerait volontiers en petit oiseau pour capter tous leurs échanges au sujet de l’art. Ils nous en livrent ici une bribe, en lien avec leur travail sur la prochaine production de l’Opéra de Montréal.

Voici Michel Marc Bouchard, dramaturge et librettiste, et Angela Konrad, metteure en scène, réunis pour La Reine-garçon.

UNE UNION ARTISTIQUE NATURELLE

Artistiquement, l’admiration qu’ils se vouent l’un à l’autre est évidente. « Une des premières pièces de théâtre que j’ai vu en arrivant à Montréal, c’est Tom à la ferme de Michel Marc. Il a marqué mon arrivée ici », se remémore la metteure en scène d’origine allemande. « On n’a jamais travaillé ensemble, mais c’est tout comme!», s’exclame l’auteur. « C’est vrai qu’il y a une complicité naturelle entre nous. »

C’est d’ailleurs l’auteur qui suggère le nom de sa collègue lorsque vient le temps de compléter l’équipe de création pour l’adaptation de sa pièce théâtrale Christine, la reine-garçon à l’opéra. « Elle est parfaite pour l’œuvre. Non seulement j’aime beaucoup son travail, mais je sens une sensibilité particulière entre elle et le personnage de Christine. C’est formidable quand le projet devient le prolongement de l’individu. »

D’UN MÉDIUM À L’AUTRE

Les deux artistes très bien établis dans le milieu théâtral n’en sont pas à leurs premières armes dans le monde lyrique. Pour Michel Marc, il s’agit de l’écriture d’un troisième livret après Les Feluettes en 2016 (également adapté d’une de ses pièces) et La Beauté du monde en 2022. Angela, pour sa part, met en scène le personnage historique de Christine, reine de Suède, après s’être penchée sur l’écrivaine Marguerite Yourcenar en 2022.

Qu’est-ce qui leur a donné envie de récidiver après avoir goûté aux coulisses de l’art lyrique? « Je trouve qu’à l’opéra, il y a quelque chose de plus grand que nous », explique l’auteur. « Quand ça commence, j’oublie totalement que c’est moi qui ai écrit ça. La part d’écriture du compositeur et du metteur en scène ou de la metteure en scène est énorme, alors il y a toute une part d’inconnu pour moi qui me séduit et me ravit. »

« La force émotionnelle véhiculée par la musique et par la virtuosité des interprètes apporte quelque chose de l’ordre de l’excès et de la démesure qui dépasse le mode dramatique théâtral », ajoute Angela. « La musique de l’opéra porte une dimension surhumaine et surnaturelle. »

APPRIVOISER LE TEMPS ET LA STRUCTURE

Pour la metteure en scène habituée à construire l’architecture de ses pièces à partir de son travail avec les acteurs et les actrices, une des grandes différences à l’opéra se situe au niveau de la gestion du temps.

« Au théâtre, le vivant crée la machine alors qu’à l’opéra, le vivant s’intègre à la machine. Je rencontre les solistes très tard dans le processus, il y a donc tout un travail de préconception à faire d’abord. Je dois rapidement prendre des décisions et mettre en place un premier dessin. Parfois, on a des surprises : on a beau travailler à partir de la partition, le vivant génère quand même des dynamiques qu’on ne perçoit pas sur papier. On se laisse traverser par ce qui arrive en salle de répétition et on a peu de temps pour jongler avec tout ça. C’est à la fois le danger et la beauté de la chose. »

ENTRE RAISON ET PASSION : LE BERCEAU DE LA MODERNITÉ

Dans le récit historique, la reine Christine, tiraillée entre sa raison et son cœur épris de passion pour sa première dame de compagnie, tente d’éclairer les remous de son esprit. Comment cette histoire sise au XVIIe siècle peut-elle résonner si fort aujourd’hui?

Pour l’auteur, «il y a quelque chose dans les volontés de modernité chez Christine qui sont très contemporaines. Elle parle de choses que toute nation devrait revendiquer : la curiosité, le savoir, l’art, l’éducation. » « Il y a aussi Descartes dans le tableau », renchérit Angela. « Christine pose toutes les questions que pose Descartes, elle l’incarne, elle le vit. Suis-je le sujet de mes actions, de mon désir? De ma vie, de mon destin? C’est l’arrivée d’un “je” universel qui incarne la question de l’action et de l’intention. Tout est là. C’est le berceau de la modernité. »

Qu’est-ce que l’amour? Et comment l’éradiquer? « Les tourments qu’elle ressent face à son sentiment amoureux ne sont pas dus aux contraintes politiques ou aux mœurs de l’époque, mais au fait que l’amour est quelque chose qui lui échappe dans sa quête de libre arbitre », ajoute l’auteur.

Tournant le dos à une société sclérosée, l’héroïne choisira la richesse de l’esprit. « Et ça, c’est très, très fort », affirme la metteure en scène. « Ce sont des valeurs universelles, qui dépassent les enjeux d’actualité. Elles sont de tout lieu et de toute époque. »

Un destin qui résonnera à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 3, 6, 8 et 11 février prochain. « Avec une distribution en or », se réjouit celui qui a porté Christine au théâtre, au cinéma, puis maintenant à l’opéra.

C’est cette semaine selon le calendrier établi par le gouvernement fédéral que les entreprises qui ont eu recours au Compte d’urgence pour entreprises canadiennes (CUEC) en 2020 pour faire face aux pertes encourues en raison des mesures sanitaires, doivent rembourser jusqu’à 40,000$ si elles veulent bénéficier du rabattement qui peut aller jusqu’à 20,000$ sur un prêt de 60,000$. Et ce malgré les demandes unanimes des provinces, de nombreuses municipalités, de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, du Bloc Québécois, du NPD et de tant d’autres intervenants qui considèrent ce délai irréaliste pour les PME dans le contexte actuel. Encore une fois, la même arrogance ‘Ottawa knows best’.

CUECCUEC

CUEC


 Pour beaucoup de petites entreprises, ce rabattement était la seule forme d’aide non-remboursable qu’elles ont reçue durant la pandémie malgré que les mesures exceptionnelles de confinement aient affecté de nombreuses entreprises jusqu’à l’automne 2022, particulièrement celles des secteurs récréotouristiques et culturels. Une aide toute en contraste avec celle offerte aux grandes entreprises inscrites en bourse qui ont pu compter sur des subventions salariales même quand elles continuaient d’être profitables. Des subventions pour la grande entreprise, de l’endettement pour les PME, un scénario très fréquent.
Si la plupart des entreprises bénéficiaires ont remboursé ce prêt à ce jour pour bénéficier du rabattement, il en va autrement de celles des secteurs récréotouristiques et culturels. Si beaucoup de secteurs d’activités ont été affectés durant la première année de la pandémie, il en va autrement pour les années 2021 et 2022. Durant les deuxième et troisième années de la pandémie, ce sont surtout ces secteurs d’activité qui ont été affectés avec les confinements, couvre-feu et fermeture des frontières, alors qu’aucune donnée épidémiologique ne les identifiait comme des foyers importants de propagation de la pandémie. Les gouvernements ont tout simplement décidé que ces secteurs d’activité étaient moins essentiels en oubliant que pour des centaines de milliers de gens, ce sont leurs gagne-pains et leurs entreprises qui ont été sacrifiées. Les aider financièrement était bien la moindre des considérations. Surtout quand on sait que la pandémie s’est prolongée en raison du laxisme du gouvernement fédéral à mettre en oeuvre les mesures de quarantaine qu’il pouvait appliquer en vertu de la loi dès janvier 2020.
Les entreprises qui sont aujourd’hui incapables de rembourser ce prêt dans le délai fixé ne demandent pas d’effacer leur dette. Elles ne demandent que de reporter le délai de remboursement pour bénéficier de ce rabattement. Quand des entreprises ont vu leurs activités affectées de façon disproportionnée par les mesures prises par les gouvernements pendant trois ans, leur demander de rembourser la dette contractée en un peu plus d’un an est tout simplement irréaliste. Pour des dizaines de milliers d’entreprises qui sont souvent les jeunes pousses innovantes de ces secteurs d’activité, ça risque de les pousser à la faillite et de créer des centaines de milliers de perte d’emploi. Surtout avec l’inflation, la flambée des prix et la dégradation de la situation économique et sociale qu’a généré la pandémie. On en voit tous les jours les conséquences en circulant sur nos artères commerciales où le nombre de locaux vacants atteint des records. Pour l'offre touristique, la fermeture de ces entreprises innovantes est une perte considérable.


L’affaiblissement de nos communautés


Pour les communautés LGBT qui ont toujours compté largement sur ces pôles de sortie que sont les Villages comme points d’appui, surtout en l’absence d’aide gouvernementale significative pendant des décennies et jusqu’à ce jour pour soutenir l’action communautaire, le déclin de ces entreprises ne peut que contribuer à l’affaiblissement de nos communautés et renforcer la discrimination systémique. On le voit nettement dans le Village à Montréal qui avait assez bien résisté depuis le début du siècle au recul de la vie nocturne qui a accompagné le déclin des quartiers LGBT dans de nombreux pays. Le pourcentage de locaux vacants sur la rue Ste-Catherine dépasse les 20% et la misère humaine en hausse depuis la pandémie, stimulée par une politique d’immigration irresponsable du gouvernement fédéral, aggrave la situation.
De la même façon, en pleine crise des médias, la pandémie a durement affecté les médias LGBT qui comptent essentiellement sur les revenus publicitaires provenant d’entreprises des secteurs récréotouristiques et culturels. Ce qui ne peut à son tour que contribuer au déclin des communautés.
C’est à se demander jusqu’à quel seuil d’impopularité le gouvernement Trudeau doit dégringoler pour abandonner ce mépris qui contredit tous ses beaux discours d’’être là pour tous les Canadiens et Canadiennes’, et rectifier le tir?


André Gagnon 

Éditeur, Guides GQ

Avancez dans la pénombre, entouré de murmures de noctambules. La nuit se dévoile, dans un salon, dans la ville ou dans le cosmos.

 
C’est connu : la communauté gaie, particulièrement les hommes gais, a depuis longtemps compté parmi les plus grands amateurs d’activités nocturnes, que ce soit dans les bars, les discothèques, les événements de la Fierté ou encore les divers « raves » où on danse dans une atmosphère endiablée et sexy jusqu’aux petites heures du matin et même davantage…

 
La nuit invite à l’excès, au secret, à l’innovation, à l’intimité autant qu’au rapprochement ; la nuit est aveugle du genre, de la couleur, de la race, de la langue et même des préférences sexuelles. Par ailleurs, la nuit est aussi pour plusieurs un refuge où tout est permis, possible et acceptable.

Voir la nuit
Depuis la nuit des temps, l’humain cherche à repousser la nuit.


Le Musée national des beaux-arts de Québec (MNBAQ), en collaboration avec le Musée de la civilisation de Québec, a décidé de présenter la nuit et de la montrer au grand jour, avec une exposition intitulée « Voir la nuit » ! Mettant en valeur les œuvres de la collection du MNBAQ, l'exposition collective, présentée jusqu’au 17 mars prochain, se déploie autour du thème de la nuit et des nocturnes. Elle place les œuvres au cœur d’une atmosphère enveloppante et intime, dans laquelle les visiteurs seront guidés par leurs sens et leurs émotions, voire leurs souvenirs.


De salle en salle, on fait place à l’imaginaire. Les flammes vacillantes et les néons clignotants transpercent la noirceur. En tendant l’oreille, la musique étouffée d’un bar tout proche se fait entendre, des pas résonnent, l’orage gronde au loin, les bruits nocturnes sont amplifiés dans cet univers feutré. Une invitation à prendre son temps, à être à l’écoute de ses sens. Et à se demander comment la nuit résonne en nous.

Voir la nuit
« En plongeant les salles d’exposition du pavillon Pierre-Lassonde dans l’obscurité, en recouvrant le sol de tapis pour étouffer le bruit des pas et, pour une première fois au MNBAQ, en éliminant les textes explicatifs qui accompagnent traditionnellement les œuvres pour les rassembler plutôt près de la sortie, les artisans de Voir la nuit pensent pouvoir ralentir le rythme des visiteurs et les inciter à réfléchir davantage à ce qu’ils contemplent », explique la commissaire de l’exposition, Maude Lévesque.

Voir la nuit
« La nuit nous prive d’une vue parfaite. On devient plus attentif à ce qui se passe autour de nous. Nous sommes plus intuitifs. C’est pour cela que ça avait du sens de ne pas mettre de textes », renchérit Mme Lévesque.


Voir l’art autrement
L’exposition veut mettre en lumière la virtuosité des artistes pour rendre sensible l’obscurité, en faisant émerger de l’ombre, formes, visages et paysages, ou encore, en représentant les méandres des rêves. « Voir la nuit », c’est une rencontre avec la lumière nocturne, qu’elle soit naturelle comme celle de la lune et des étoiles, ou bien artificielle, comme celle des bougies et des ampoules électriques.

Voir la nuit
Constituée de plus de soixante œuvres de la collection du MNBAQ, de l’art ancien à l’art actuel, et d’une quinzaine d’œuvres de la collection du Musée de la civilisation, l’exposition réunit une sélection de dessins, d’estampes, de peintures, de photographies, de sculptures, de vidéo ainsi que différents objets intrigants.

 
Les organisateurs ont également produit un balado sous le thème L'ART DANS MA NUIT. L'exposition, mais surtout la nuit, racontée par ceux et celles qui la vivent différemment : adepte d'astronomie, employé d'aéroport, d'hôpital ou de bar et, bien sûr, gardien de musée ! Disponible sur le site Web du MNBAQ.

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Présentée jusqu’au 17 mars 2024.
Le MNBAQ est fermé le lundi, mais ouvert les autres jours de 10 heures à 17 heures (le mercredi jusqu’à 21 heures, demi-tarif dès 17 heures). Gratuit les premiers dimanches du mois pour les résidents de Québec.

Pour la billetterie en ligne (réduction automatique de 3$) : mnbaq.org/billetterie
Par téléphone : 1 866 220-2150

Voir la nuit


Par Gaëtan Vaudry

Originalité, confort, aventure et surprise, voilà bien les mots qui résument ce que vous vivrez lors de votre premier séjour au Domaine Renard à Percé. Ce gampling luxueux qui fait tourner bien des têtes depuis son ouverture, est la propriété de Daniel Boutin et sa conjointe Suzanne Méthot. On parle ici de six dômes géodésiques haut de gamme de sept mètres de diamètre, qui vous en mettront plein la vue.

En entrevue, Daniel nous parle d’un projet d’envergure qu’il cogite dans sa tête depuis quelques années. Après un investissement dans les sept chiffres, le couple originaire de Montréal nous offre de magnifiques dômes, tous munis d’une cuisine et d’une salle de bain, d’une mezzanine avec lit queen et d’un sofa-lit dans l’air de vie, le pouvant convenir pour un maximum de quatre personnes.

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Pour le repos ou la création

J’ai eu la chance de séjourner deux jours dans le fameux dôme numéro 4, qui offre une vue imprenable et panoramique sur l’île Bonaventure et le Cap d’Espoir avec - et je tiens à la mentionner car ce n’est pas le cas partout - un wifi à haut débit Internet. Les cuisines que nous offrent les dômes sont grandement équipées et proposent même un excellent café torréfié localement. Un geste apprécié de part de nos hôtes.

« Nous avons travaillé fort pour que nos dômes conviennent à plusieurs styles de visiteurs », nous explique Daniel, qui provient du domaine de la techno et de l’intelligence artificielle. « C’est l’endroit idéal pour un séjour en amoureux ou encore avec la petite famille. Je sais aussi que plusieurs artistes aiment y débarquer, afin d’écrire quelques pages de leur livre ou terminer un processus de création, dans ces beaux espaces de vie immergé en pleine nature. »

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Comme des VIP

Daniel et Suzanne sont de ceux qui souhaitent offrir un nouveau souffle à Percé sur quatre saisons : « Ça commence à bouger l’hiver et nous en sommes très fiers! », s’exclame celui qui a lui-même dessiné les plans et a construit ce magnifique domaine. « Il y a de plus en plus d’endroits qui restent ouverts à l’année et qui croient comme nous que Percé pourrait être une destination de choix, même en hiver. Il y en a pour tous les goûts, de ceux et celles qui souhaitent se reposer dans un environnement enchanteur, à ceux et celles qui aiment jouer dehors. La motoneige et le ski de randonnée sont particulièrement populaires de janvier à mars. C’est à bien y penser car en hiver, les visiteurs à Percé sont comme des VIP dans tous les établissements. »

C’était ma toute première expérience dans ce genre de dôme et j’en ressors plus que ravie. Je vous suggère l’expérience, à n’importe quel moment de l’année, surtout que les dômes du Domaine Renard sont tous climatisés. De plus, profitez de la promotion de 30 % de rabais que propose leur site Internet, du 5 au 24 janvier 2024. Il y a même des forfaits disponibles incluant souper gastronomique et déjeuner livré à votre dôme, provenant du restaurant Maison Black Whale, une autre table réputée de Percé.

Domaine Renard
425, route d’Irlande
Percé (Québec)
418 782-4560
reservation@domainerenard.ca
domainerenard.ca

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