Théâtre

Une pièce de théâtre musicale sur la vie de La Poune présentée à partir de l'été prochain abordera son histoire d'amour secrète avec Gertrude Bellerive, qui aura duré plus de 40 ans.
"On parle de la femme de carrière, de tête, de théâtre, la féministe, la comique. Mais on a aussi décidé de parler de l'amoureuse, parce que de son vivant, elle n'en a jamais parlé», a relaté en entrevue Jade Bruneau, la metteure en scène du spectacle La Géante. Mme Bruneau joue également le rôle de «Gigi», l'amoureuse de La Poune.

C'est la petite-fille de Rose Ouellette (dite La Poune), Kathleen Verdon, de qui elle était apparemment très proche, qui a décidé de parler de sa vie amoureuse après sa mort. Le théâtre a d'ailleurs partagé une photo inédite de la collection personnelle de Mme Verdon, où l'on peut voir les deux femmes au Théâtre National.

«Dans le spectacle, c'est pas nécessairement ce qu'on met de l'avant. C'est plus qu'on ne le cache plus (...) cette histoire d'amour exceptionnelle, tellement touchante, qui a traversé le temps», a précisé Mme Bruneau.

La pièce de théâtre raconte le parcours de La Poune, dont l'ascension a semblé si facile, mais qui ne l'a pas été du tout en réalité, souligne Mme Bruneau.

«Évidemment, que c'était pas facile d'être avec une femme, d'être une femme dans un milieu où il n'y avait que des hommes, d'être une femme en poste d'autorité», a-t-elle indiqué.

Rappelons que La Poune a été la première femme à être à la tête d'un théâtre institutionnel en Amérique du Nord.

C'est Gabrielle Fontaine, que plusieurs petits connaissent comme étant Passe-Carreau, qui interprète le rôle de La Poune aux côtés de Mme Bruneau.

La pièce et les paroles sont écrites par Geneviève Beaudet et la musique est composée par Audrey Thériault.

Pour l'aspect musical, les spectateurs ne doivent pas s'attendre à un ton cabaret ou burlesque de l'époque de La Poune, prévient Mme Bruneau.

«Il y a des sonorités très modernes, en même temps on a l'accordéon d'antan. Il y a quelque chose de vraiment unique qui colle à la peau de Rose Ouellette», a-t-elle décrit, ajoutant que trois musiciens seront également sur scène chaque soir.

Le spectacle sera présenté dès le 11 juillet à Joliette, puis à partir du 15 août à Victoriaville. La pièce devrait ensuite se promener au Québec à l'été 2025.

Dès le 24 janvier sur la scène du Théâtre du Rideau Vert,, Benoit McGinnis se glissera sous les traits d’un héros qui contribua à mettre fin à la Seconde guerre mondiale : le brillant mathématicien Alan Turing. Dans La Machine de Turing de Benoit Solès, aux côtés de Gabriel Cloutier Tremblay, Jean-Moïse Martin et Étienne Pilon, et sous la direction du metteur en scène Sébastien David, Benoît McGinnis tâchera de réhabiliter un être exceptionnel pourtant méconnu
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Machine Turing
UN DESTIN TRAGIQUE ET HORS NORME

Plusieurs connaissent aujourd’hui les exploits du mathématicien Alan Turing grâce au film The Imitation Game (Le jeu de l’imitation) mettant en vedette Benedict Cumberbatch. C’est lui qui a inventé un gros appareil – qu’on considère aujourd’hui comme étant le premier ordinateur – afin de briser le code secret de la machine Enigma, que les Allemands utilisaient pour crypter leurs messages, et ainsi mettre fin plus rapidement à la Seconde guerre mondiale.
« Alors, quoi de mieux qu’une machine pour battre une autre machine ? Et qui de mieux qu’un fou pour battre un autre fou ? »
Pourtant, ce que plusieurs ignorent, c’est que ce héros est resté anonyme toute sa vie, contraint par les services sercrets britanniques à conserver ses extraordinaires exploits pour lui. Mais ce qui le ronge davantage encore, c’est un second secret : son homosexualité, qui n’est alors pas tolérée dans sa société et son époque. Sur ses épaules pèse le lourd poids de ces deux secrets, mais aussi du silence qu’il se doit de conserver. Persécuté en raison de ses préférences sexuelles, Alan Turing vit dans la honte et n’est pas pris au sérieux lorsqu’il porte plainte après avoir été cambriolé. C’est d’ailleurs son interrogatoire par un inspecteur de police qui le fera revenir sur sa vie et, en bout de ligne, qui le verra condamné pour grossière indécence et outrage aux mœurs devant le tribunal. Est-il seulement possible de porter une si grande souffrance tout en étant si brillant ?

UN SUJET DES PLUS ACTUELS

Alan Turing est aujourd’hui considéré comme étant le père de l’ordinateur et l’un des pionniers de l’intelligence artificielle. Ses travaux sont fondateurs de l’informatique en tant que science, et ses réflexions scientifiques et philosophiques nourrissent encore les débats. Mais au-delà de ses avancées technologiques, c’est son intégrité et sa lutte pour assumer son homosexualité dans une époque où celle- ci était illégale, qui lui font honneur, alors qu’encore une dizaine de pays dans le monde rendent l’homosexualité passible de peine de mort, et que plus de 70 nations la considèrent toujours comme un délit.

« Présenter La Machine de Turing est presque un devoir de mémoire. L’histoire d’Alan Turing est renversante. Persécuté et humilié parce qu’il était homosexuel, il est demeuré fidèle à ses valeurs en faisant face à la justice de l’époque. On peut dire qu’il a été un pionnier aussi pour les droits et libertés. Il n’y avait qu’un comédien pour chausser les bottes de ce grand homme : Benoit McGinnis. » – Luce et Lucie Rozon, Agents Doubles Productions

UNE PIÈCE PRIMÉE EN FRANCE

Créée en 2018 au festival Off Avignon, puis jouée au Théâtre Michel, La Machine de Turing de Benoit Solès connaît toujours à ce jour un grand succès en France. Interprétée par son auteur lui-même (dans le rôle de Turing), la pièce s’est vue remettre quatre prix Molière, soit celui de la meilleure pièce de théâtre privé, celui du meilleur comédien dans un spectacle de théâtre privé (Benoit Solès), celui du meilleur auteur francophone vivant (Benoit Solès) ainsi que celui du meilleur metteur en scène d’un spectacle en théâtre privé (Tristan Petitgirard)
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LA MACHINE DE TURING
24 janvier // 24 février 2024
Une production
Une pièce de Benoit Solès Adaptation Maryse Warda Mise en scène Sébastien David

Après un succès phénoménal au Théâtre du Trident à Québec en mars dernier, dans une mise en scène d'Alexandre Fecteau, la pièce "N’essuie jamais de larmes sans gants", une imposante tragédie romantique enveloppée de poésie, s'est amenée chez Duceppe à la Place-des-Arts pour le public montréalais. Elle y est présentée jusqu'au 17 décembre.

Cette adaptation pour la scène de Véronique Côté du fameux roman de Jonas Gardell plonge les spectateurs au cœur de l’épidémie de VIH des années 1980 en Suède, à travers l’histoire de personnages attachants incarnés par des interprètes brillants. Ces mêmes interprètes qui ont épaté au Trident enflamment la scène de la PDA.

N'essuie pas de larmes
Synopsis: Rasmus fuit son village et l’étouffant nid familial pour se jeter à corps perdu dans sa nouvelle vie à Stockholm, où brille l’espoir d’être enfin lui-même. Benjamin, lui, est déchiré entre le chemin tracé d’avance par son appartenance aux Témoins de Jéhovah et son simple désir d’aimer quelqu’un qui l’aimera en retour. C’est Paul, flamboyante mère poule pour les gais égarés, qui les réunit par hasard une nuit de Noël. Ils repartent main dans la main sans savoir que leurs pas de deux enfiévrés les mèneront au bord de l’abîme. Que l’un d’eux tombera sous la lame d’une faucheuse que personne ne connaît encore: le sida.

N'essuie pas de larmes


Alexandre Fecteau, qui avait notamment signé la mise en scène d’Amadeus au Trident, s’attaque ici à un chef d’œuvre de la littérature mondiale avec l’audace et l’engagement qu’on lui connaît.

La scénographie de cette oeuvre est fascinante. Des blocs sombres de différentes tailles occupent la scène et prennent diverses formes, se déplaçant constamment, avec l'aide des comédiens et de techniciens de scène, pour s'adapter aux multiples contextes pendant ces quelques presque trois heures de présentation, entrecoupées d'un entracte. Curieusement et heureusement peut-être même, le metteur en scène joue allègrement avec l'humour du texte, ce qui allège le côté tragique de l'oeuvre. On rit beaucoup et franchement à plusieurs moments.

En fin de première partie, la scène est littéralement inondée par une pluie qui tombe sans cesse et qui crée une atmosphère encore plus tragique sur les événements, en plus de détremper les vêtements de presque tous les comédiens. Au retour de l'entracte, c'est sur une scène encore remplie de quelques centimètres d'eau que va se jouer le dénouement de cette nuit de Noël bien particulière. Avec tout ce que ça comporte de difficultés et de contraintes pour les acteurs. 

L'émotion est à son comble, et plusieurs spectateurs ont avoué avoir versé des larmes à plusieurs reprises durant le spectacle. La communauté LGBTQ+, en particulier les hommes gais qui ont été témoins de cette "crise'" du sida à ses débuts dans les années 1980-1990, et leurs proches, sont très présents dans la salle. À la sortie, on sent l'émotion et on entend les commentaires qui fusent à propos de la pertinence et de la justesse de cette présentation théâtrale.

Une activiste de longue date connue auprès de la communauté en matière de prévention du VIH et d'information sur le sida, a déclaré qu'elle allait "se souvenir de cette pièce le reste de sa vie", tellement elle est évocatrice de la réalité vécue, autant ici qu'en Suède, où se déroule l'action.

À Montréal, plus de quinze artistes sur scène, dont la plupart de la création originale :
Maxime Beauregard-Martin, Olivier Arteau, Samuel La Rochelle, Maxime Robin, Gabriel Cloutier Tremblay, Israël Gamache, Laurent Fecteau-Nadeau, Érika Gagnon, Hugues Frenette, Frédérique Bradet, Jonathan Gagnon, Carla Mezquita Honhon. 

Quatre musiciens complètent l'équipe d'interprétation : Anne-Marie Bernard (pianiste), Jean-François Gagné (violoniste), Marie-Loup Cottinet (violoncelliste) et Karina Laliberté (altiste).

Théâtre Jean Duceppe
Billetterie : Place des Arts

Du 6 au 17 décembre 2023

Duceppe

« Ce soir, on ne fait pas l’amour, on se saoûle ! »


C’est sur cette réplique cinglante et bien sentie que la Duchesse de Langeais fait son entrée sur la petite scène qu’elle va occuper durant l’heure qui suit. Pendant six soirs, lors des festivités de Fierté Montréal en août et dans le cadre de Fierté Littéraire, au théâtre de la Comédie de Montréal, dans le Village, Luc Arsenault a fait revivre ce personnage haut en couleurs de l’univers des chroniques du Plateau Mont-Royal.


La Duchesse de Langeais, pièce écrite en 1968 par le dramaturge Michel Tremblay, raconte l’histoire d’un(e) artiste qui se rappelle, tantôt avec amusement, fierté et pavanement, tantôt avec mélancolie, tristesse ou colère, des phases ou expériences allant de sa petite enfance à ses 60 ans. La Duchesse de Langeais, ce personnage emblématique, voire mythique de l’œuvre de Michel Tremblay, est des plus actuels dans les affres de la société qui jugent à outrance les drags queens et le milieu LGBTQ+ de Montréal et de tout le Québec.


La pièce a été montée dans l’essence des années 70, afin de mettre en lumière ce précurseur du monde LGBTQ+ actuel et donner une leçon d’histoire des origines de cette communauté colorée.


Avec peu de moyens et à la suite d’une promotion réduite, misant beaucoup sur le bouche à oreille en surfant sur les publications de Fierté Littéraire sur les médias sociaux, le comédien Luc Arsenault a accompli un véritable tour de force, avec le concours de Fred Gagnon à la mise en scène, en faisant salle comble presque tous les soirs dans un coin de la salle de la Comédie de Montréal (une trentaine de places). Les spectateurs avaient l’impression d’être assis sur la même terrasse que la duchesse durant les 60 minutes que dure cette prestation.


Se tenant debout, au bar d’un tout inclus défraîchi quelque part dans le sud, celle qui se présente comme une des plus grandes stars mondiales, la Duchesse de Langeais, vous parle directement, à cœur et à corsage ouvert, de tout et de tout le monde. Son langage est coloré, étonnamment cru et elle en a gros sur le cœur. Elle nous parle de sa vie, se délectant en nous livrant les plus croustillants détails. Hilarante, irrévérencieuse, on ne sait si c’est vérité ou fabulations, mais on reconnaît entre les lignes toute la souffrance d’un homme qui garde, envers et contre tout, une soif d’amour insatiable.

Duchesse de Langeais
« L’univers de Michel Tremblay est riche de personnages plus colorés les uns que les autres. La Duchesse est pour moi une figure de proue du théâtre québécois. C’est avec une grande humilité et un profond respect que je me suis attaqué à ce personnage. Sous l’œil avisé de mon metteur en scène, nous avons donné une nouvelle vie à cet être attachant et haut en couleurs », explique Luc Arsenault, qui se réjouit de ce beau succès du mois d’août 2023 et qui, de toute évidence, s'est glissé dans la peau de la Duchesse sans ménagement.


Luc Arsenault a une formation en théâtre du Cégep Lionel-Groulx et œuvre dans ce milieu depuis plus de 40 ans. Comédien, formateur, metteur en scène, coach de théâtre, auteur-créateur, il est un touche-à-tout qui a visiblement pris grand plaisir à incarner ce personnage plus grand que nature. Ceux et celles qui connaissent l’œuvre de Tremblay seront charmés par cette interprétation magistrale.

 Duchesse de Langeais
À la suite de la première création sur scène de l’œuvre, on pouvait lire : « De tous les travestis créés par Michel Tremblay, La duchesse de Langeais est le plus tragique », écrivait Luc Boulanger, dans le défunt journal Voir, en juin 1996. « Une de ses œuvres les plus déroutantes, les plus crues, les plus drôles également », disait Jean Beaunoyer, critique à La Presse, le 23 juin 1996.


À l’extérieur des scènes de théâtre, dont celle du Trident à Québec en 2019 avec l’excellent comédien Jacques Leblanc dans ce rôle, on a peu vu la Duchesse au fil des années. Le metteur en scène et cinéaste André Brassard, grand complice de Tremblay, l’avait fait camper par le comédien Claude Gai dans son film « Il était une fois dans l’Est », en 1974, un collage de différents éléments tirés des chroniques du Plateau Mont-Royal, dont les Belles-Sœurs et Hosanna, par exemple. Le nom réel du personnage créé par Michel Tremblay est Édouard Tremblay, alias Antoinette de Langeais, duchesse.

 
L’expérience du mois d’août ayant suscité pas mal de réactions positives et d’engouement sur la toile, les deux complices ont décidé de ramener la Duchesse pour deux soirs, les 13 et 14 septembre 2023 sur la grande scène du Théâtre La Comédie de Montréal. Une présentation du Théâtre de Neuf Saisons.

Théâtre de Neuf Saisons présente
La Duchesse de Langeais
13 et 14 septembre 2023
20h00 à 21h30 / Entrée: 19h00
Théâtre La Comédie de Montréal
1113, Boulevard de Maisonneuve est,
MONTREAL, QC

Billetterie : https://lepointdevente.com/billets/laduchesseelangeais130923

Tout le monde ou presque connaît Mado Lamotte, ce personnage que son créateur, Luc Provost, incarne depuis plus de 35 ans. Mais peu savent que derrière Mado se cache un comédien, amoureux du théâtre, qui a étudié en théâtre à l’UQÀM et qui fera sa rentrée sur scène en septembre prochain, sous les traits de Claude Lemieux incarnant la célèbre travestie Hosanna, dans une adaptation-montage de la pièce Hosanna et du récent roman la Shéhérazade des pauvres, de l’auteur Michel Tremblay. Cette fois-ci, c’est Luc qu’on verra, sans costume, sans maquillage, sans artifice.

C’est avec le Théâtre du Trident, au Grand Théâtre de Québec, que cette première présence théâtrale de Luc Provost se réalisera, sous la direction du metteur en scène Maxime Robin.

Hosanna Trident L'auteur Michel Tremblay

Rappel du synopsis.
Depuis la fameuse soirée de 1973 où Hosanna a cru réaliser le rêve de sa vie en se travestissant en Elizabeth Taylor dans Cléopâtre, Claude Lemieux se terre dans son appartement de misère, entre ses guenilles de “folle” et ses rasades de gin quotidiennes. Quand ce vieil ex-travesti reçoit la visite d’un jeune journaliste qui s’intéresse à la faune des années soixante-dix, l’entrevue d’une heure prévue avec Claude se transforme en un échange d’une semaine avec Hosanna. Allant au bout de sa vérité, Hosanna redonnera vie à Cuirette, Sandra, la duchesse de Langeais et tous ces personnages désespérément en quête d’amour et de reconnaissance.


Maxime Robin signe l’adaptation et la mise en scène de cette œuvre intitulée « Hosanna ou la Shéhérazade des pauvres ».
« J’avais envie, avec Hosanna, d’aborder l’identité de genre. On manquait de contexte et l’arrivée du nouveau roman de Michel Tremblay l’a amené avec la présence du personnage d’Hosanna plus vieux. Luc “Mado Lamotte” Provost se glissera dans la peau de la vieille Hosanna. Il a eu le vertige lorsqu’on l’a approché et il a aussi été traversé par une grande excitation », a raconté le directeur artistique du Trident, Olivier Arteau.

Hosanna Trident Luc Provost, alias Mado
PHOTO : ERIC MYRE / TVA PUBLICA


C’est le jeune comédien Vincent Roy qui jouera la Hosanna des années 70.

La pièce sera présentée à la salle Octave-Crémazie du GTQ (19 représentations), du 12 septembre au 7 octobre 2023. Pour la billetterie, c’est ICI.

Par Pierre Perreault

Le jeudi 17 mai dernier, Robert Lepage et son équipe du Théâtre Le Diamant de Québec avaient réuni les « amants et amantes » de ce bijou de salle de spectacles pour y présenter la programmation 2023-2024.


Après avoir enfin terminé une première année d’opérations sans interruption depuis son inauguration, Le Diamant dévoilait les grandes lignes ce qui y sera présenté en 2023-2024, incluant une première offre estivale des plus divertissantes, sans oublier le populaire toit-terrasse et sa vue exceptionnelle sur le Vieux-Québec à partir du 17 juin.

Le Diamant de Québec
Les GuidesGQ y étaient invités et vous présentent les grandes lignes de cette impressionnante programmation.


D’ici le printemps 2024, le public du Diamant sera transporté dans des univers théâtralisés novateurs, présentant une grande diversité d’expressions artistiques. Robert Lepage, directeur artistique du Diamant, et Viviane Paradis, cheffe de la programmation, ont soigneusement sélectionné onze spectacles d’horizons artistiques divers et une installation, auxquels s’ajoutent quatre galas de lutte, désormais incontournables.


Au cours de l’été, on pourra y voir du cirque, l’art de la drag et une installation cinétique.


- Dirty Laundry 29, 30 juin et 1er juillet
Une soirée cabaret déjantée avec comme invitée spéciale la drag queen québécoise Barbada. Briefs Factory est un collectif Australien qui produit des performances physiques évocatrices et impertinentes, inspiré par le cirque, la drag, la danse, le burlesque, la musique, la comédie et le monde en constante évolution qui les entoure.

Le Diamant de Québec
- Dreamland / Territoire de rêve30 juin au 6 août
Présentée au studio Lepage Beaulieu, Dreamland / Territoire de rêve est une installation cinétique inspirée de l’histoire de Coney Island, parc d’attractions américain situé à Brooklyn. Dans un décor de parc d’attractions abandonné, les visiteurs circulent, comme des géants érudits autour d’une époustouflante île fantastique aux mille mini mécaniques. Une fête foraine robotisée à la fois ludique et torturée.

Le Diamant de Québec
- Après la nuit3 au 5 août
Créé par la compagnie Nord Nord Est sous la direction de Benoit Landry, le spectacle de cirque Après la nuit met en vedette CHANCES, trio montréalais aux sonorités empruntant à l’électro, à la pop et à la musique du monde… Au-dessus et autour d’eux, une distribution exceptionnelle d’une douzaine d’acrobates et danseurs qui s’emparent du Diamant dans toute sa hauteur, donnant la part belle aux acrobaties aériennes. Un événement unique !

Le Diamant de Québec
- Swing Swing Swing – Soirée dansante au Diamant 9 septembre
Au son d’un groupe de 8 musiciens, on découvrira les danses swing (lindy hop, charleston, boogie, balboa) dans l’imposante salle Hydro-Québec du Diamant transformée en salle de bal des années 1930 pour l’occasion. Cours d’initiation, danseurs professionnels et numéros de cirque sauront émerveiller vos yeux, charmer vos oreilles, et dégourdir vos jambes. Une soirée inoubliable, remplie de surprises et de rencontres.

Le Diamant de Québec

Programmation automne-hiver
Les amateurs de théâtre seront choyés avec les présentations de « Les dix commandement de Dorothy Dix » avec en vedette Julie LeBreton; le fameux « Projet Riopelle » d’ex-Machina/Robert Lepage, avec entre autres Luc Picard dans le rôle titre; l’impressionnante « Les aiguilles et l’opium » d’ex-Machina/Robert Lepage; « M’appelle Mohamme Ali » sur la vie de cette icône culturelle des années 1960 et grand champion du monde de la boxe.

On pourra aussi voir la troupe « Machine de cirque », spectacle qui a été présenté à plus de 700 reprises en Europe, en Asie et en Amérique du Nord.

D’autres spectacles prendront l’affiche plus tard, comme « Arène – Lutte Cirque Théâtre » d’Ex-Machina et Flip Fabrique; « Les aveugles », La fantasmagorie technologique qui résulte de ce travail de création est une « séance théâtrale » d’une durée de 45 minutes où la pièce est entièrement jouée par des projections vidéo sur des masques; « Une voix pour être aimée », Maria Callas, avec Françoise Faucher et Marc Hervieux, un projet unique et original sur la vie et la carrière de la célèbre cantatrice Maria Callas.

Le Diamant de Québec

Enfin, soulignons le retour des désormais classiques galas de lutte professionnelle au Diamant. La lutte attire les foules, qu’il s’agisse des fans du premier jour ou de nouveaux publics curieux de vivre l’expérience électrisante proposée par la North Shore Pro Wrestling (NSPW). Les lutteur-euse-s préféré-e-s et de nouveaux visages performeront au Diamant le 1er septembre, 13 janvier, 23 mars et 11 mai prochain !

Le Diamant de Québec

Le Diamant
lediamant.ca
966, rue Saint-Jean
Québec (QC) G1R 1R5
418 692-0330

Billetterie : 418 692-5353
billetterie@lediamant.ca
ou en ligne sur le site Web.

Le Queer Performance Camp (QPC) est de retour en mode 100% présentiel. ENFIN ! La Chapelle Scènes Contemporaines aura le très grand plaisir d’accueillir Vivek Shraya et son spectacle How To Fail As a Popstar qui suivra la présentation de la création de FATHERMOTHER, BLACK MOON. Les trois partenaires, soit le MAI, Studio 303 et La Chapelle ont élaboré une programmation qui correspond en tous points à la mission de ce rendez-vous hivernal incontournable; bâtir la communauté et favoriser le développement d’artistes queers.

Voici les deux spectacles présentés à La Chapelle Scènes Contemporaines dans le cadre du Queer Performance Camp 2023.

Black Moon
BLACK MOON |de FATHERMOTHER

Mercredi 1er février 19H30 + Jeudi 2 février 19h30

Un spectacle sans texte. Après leur passage l’automne dernier à la Biennale d’art performatif de Rouyn-Noranda, FATHERMOTHER, le duo composé de Kezia Waters et Jordan Brown seront à La Chapelle au tout début de février.

BLACK MOON est une performance et une installation sur l’effondrement de l’espace et du temps lors d’un moment intime. On se retrouve à naviguer à l’intérieur d’une intimité dans divers espaces – l’église noire de nos ancêtres, une praxis de la maison et l’architecture de notre propre corps – en nous fiant uniquement à nos sensations comme sens de l’orientation. Alors que nous négocions notre amour l’une ou l'un pour l’autre, nous devons continuellement compenser le monde extérieur et le rassembler dans le cadre des limites de notre relation. Notre amour épouse la fluidité, la pluralité et la confiance radicale comme moyens de naviguer la vie et les risques qu’elle contient. BLACK MOON se questionne: comment créer un espace tout en le détruisant activement par un rituel de possibilités obscures ?


Black Moon

Fathermother est un duo créant des performances sur les possibilités radicales de la communauté queer noire. En tant que couple à la fois créatif et romantique, FATHERMOTHER considère l’amour à la fois comme une éthique et comme un vide: les deux artistes croient qu’il dépend de l’indétermination et d’un mouvement en perpétuelle expansion, mais qu’il s’agit en même temps d’un espace aux limites claires, défini par la sécurité, l’avenir et la communion. Établi à Chicago en Illinois, FATHERMOTHER a présenté son travail au No Nation Performance Art Lab (Chicago), à l’Université de l’Ohio (Athens, OH) et à Dazibao (Montréal, Qc), et est membre du Black performance art collective Suspended Culture.

How to fail as a popstar
HOW TO FAIL AS A POPSTAR |de VIVEK SHRAYA

Une production Canadian Stage

Lundi 6 février 19H30 + Mardi 7 février* 19H30 + Mercredi 8 février* 19H30

Présenté en anglais | *Représentations avec surtitres en français

La tournée How to Fail as a Popstar fera deux arrêts remarqués au Québec. Une première montréalaise à La Chapelle du 6 au 8 février, suivi de deux représentations, les 11 et 12 février dans le cadre du Mois Multi festival international d’arts multidisciplinaires et électroniques, à Québec.

Éclairante, brute, honnête et pleine d’espoir, cette première œuvre théâtrale raconte le parcours de Vivek sur la «quasi» célébrité dans le monde de la musique pop. Une réflexion sur le pouvoir de la culture pop, les rêves, les déceptions et l’autodétermination, cette performance étonnante est un triomphe dans la recherche d’une voix authentique.


Vivek Shraya est une artiste dont l’œuvre franchit les frontières de la musique, de la littérature, des arts visuels, du théâtre et du cinéma. Son album Part Time Woman a été sélectionné pour le prix Polaris et son livre à succès I’m Afraid of Men a été qualifié de « carburant à fusée pour la culture » par Vanity Fair. Elle est également la fondatrice de la maison d’édition primée VS. Books, qui soutient les écrivains PANDC émergents. Finaliste à sept reprises du Lambda Literary Award, Vivek a été Grand Marshal de la semaine de la fierté de Toronto et ambassadrice de marque pour MAC Cosmetics et Pantene. Aussi membre du conseil d’administration de la Tegan and Sara Foundation et professeure adjointe de création littéraire à l’université de Calgary, elle travaille actuellement à l’adaptation de sa première pièce pour la télévision, How to Fail as a Popstar, avec le soutien de la CBC. VIVEKSHRAYA.COM

Pièce et chansons originales écrites et interprétées par Vivek Shraya. Composition Vivek Shraya, James Bunton

Mise en scène Brendan Healy | Assistante à la mise en scène Clare Preuss

Conception du décor et des costumes Joanna Yu |Conception des éclairages C.J. Astronomo |Associée à la conception des éclairages Imogen Wilson |Conception sonore James Bunton |Régie Jessica Severin |Apprentie à la régie Kimberly Moreira |Chorégraphe William Yong | Costumière Ming Wong |Coordination des costumes Allie Marshall |Monteuse Marlee Bygate |Accessoiriste Mary Spyrakis |Chef technician Jon Cunningham |Photographie Heather Saitz | Production originale Canadian Stage

En savoir plus : lachapelle.org/fr/programmation/how-to-fail-as-a-popstar-1

Ces spectacles sont présentés dans le cadre du Queer Performance Camp en partenariat avec le Studio 303 et le MAI. Le Queer Performance Camp souhaite créer de nouvelles façons d’entrer en contact, de grandir et de bâtir la communauté en soutenant le développement d’artistes queers par le biais de spectacles, d’ateliers et de rencontres. Se déroulant au cœur de l’hiver, le QPC apporte l’amour, la lumière et le queer self-care à une période froide et sombre de l’année.

Une collaboration du Studio 303, du MAI (Montréal, arts interculturels) et de La Chapelle Scènes Contemporaines

Dans une mise en scène de René Richard Cyr, le théâtre musical Hedwig et le pouce en furie reprendra l’affiche au Studio TD à Montréal, du 26 janvier au 4 février 2023, et sera présenté en tournée à travers le Québec.

Edwig
https://youtu.be/zgCfOsmlcek
Hedwig et le pouce en furie est une traduction et une adaptation du théâtre musical rock Hedwig and the Angry Inch, réalisée par René Richard Cyr, en collaboration avec Benoît McGinnis.
Du haut de ses talons métalliques tout en arborant l’iconique perruque, Hedwig (Benoît McGinnis), une chanteuse allemande personnifié par un homme, se raconte à travers le rock’n’roll.
Ni transgenre, ni drag queen, notre protagoniste est aux commandes d’un groupe nommé Le Pouce en furie, baptisé ainsi en hommage à son organe génital, fruit d’une opération de changement de sexe ratée. Grâce à cette intervention chirurgicale, Hedwig a pu marier un soldat américain et enfin quitter l’Europe de l’Est. Hedwig livre ses tumultes amoureux qui l’ont mené de Berlin Est à Junction City au Kansas. Yitzhak, son choriste et mari, interprété par Élisabeth Gauthier Pelletier complète la formation glam rock. Malgré les embûches, une chose subsiste et anime profondément Hedwig: le rock’n’roll.
Hedwig and the Angry Inch, la version originale, a été écrite par l’acteur, réalisateur et auteur américain John Cameron Mitchell et créée en collaboration avec le compositeur Stephen Trask qui signe les paroles et la musique
À sa première représentation Off-Broadway en 1998, Hedwig and the Angry Inch s’est mérité le Prix Obie et le Prix Outer Critics Circle Award pour la meilleure comédie musicale Off-Broadway. En 2014, Hedwig and the Angry Inch, mettant en vedette Neil Patrick Harris, a été présenté pour la première fois sur Broadway et a remporté quatre Tony Awards. La pièce a rayonné à maintes reprises à travers le monde.
Hedwig and the Angry Inch a aussi fait l’objet d’un film culte en 2001 interprété et dirigé par John Cameron Mitchell. L’adaptation cinématographique a remporté plusieurs prix dont au Festival Sundance et au Festival international du film de Berlin, en plus de recevoir une nomination au Golden Globes.

À l'occasion de la 24e Conférence internationale sur le sida et en prélude au festival Fierté Montréal, Rapture met en scène dix interprètes-créateurs.rice.s qui rendront hommage aux millions de personnes tragiquement décédées du sida. C'est un spectacle où s'entremêlent les touchantes confessions de ce groupe de personnes qui décident de continuer à se battre contre la sérophobie et contre le VIH; un fardeau quotidien qui, bien qu’ardu et complexe, parfois d'une violence indicible, demande une résilience irréprochable.


Rapture
Concept artistique et guide chorégraphique: Dave St-Pierre; interprètes-créateurs.rice.s: Stacey Désilier, Nicholas Bellefleur, Tony Bougiouris, Miranda Chan, Lael Stellick, Rony Joaquin Figueroa (Kuntiana), Emilio Brown, Vincent Reid, José Dupuis et Mélusine Bonillo; musique : Yann Villeneuve; concept lumière : Jon Cleveland; guides-assistant.e.s : Marie-Eve Carrière et Alex Huot.

Pierre Perreault

On connaît mieux le Michel Tremblay romancier, conteur, traducteur, adaptateur, scénariste de films et parolier de chansons, que le dramaturge. Pourtant, l’auteur qui vient de célébrer ses 80 ans en juin, récidive avec une neuvième œuvre théâtrale à son actif, « Cher Tchekhov », parue en 2019. Le Théâtre français du Centre national des Arts  la présentera en novembre  avec une distribution remarquable, dirigée et mise en scène par Serge Denoncourt.
Ce n’est pas la seule incursion de Tremblay dans l’univers de Tchekhov. Le Théâtre Prospero accueillait sur ses planches la pièce Platonov, Amour Haine et Angles Morts d’Anton Tchekhov pour 15 représentations du 23 novembre au 11 décembre 2021 dans une version traduite en québécois par Michel Tremblay, à la demande expresse de la direction du théâtre.
« Cher Tchekhov » est le résultat d’une démarche de Tremblay à la suite d’un blocage alors qu’il écrivait cette pièce, vers 2014. Dans son roman « Le cœur en bandoulière », on explique cette démarche. « Seul à Key West, alangui, le dramaturge des Belles-Sœurs replonge avec une certaine anxiété dans une pièce en hommage à Tchekhov, projet resté en rade il y a plusieurs années et toujours, en son cœur, à terminer. Après doutes et tergiversations, il décide de relire Cher Tchekhov tout en la commentant, puis d’en poursuivre l’écriture. Il s’y remet avec la peur de ne pas pouvoir aller, cette fois encore, au bout du défi qu’il s’était initialement lancé. Pourra-t-il éviter ce qu’il appelle « la grande maladresse » qui l’avait conduit à arrêter la pièce après quatre-vingts pages, bloqué, désarçonné, décontenancé qu’il était par des personnages n’arrivant pas à lancer leurs coups de gueule, ces explosions de colère et de violence qui constituent pourtant sa signature ? »
Le résultat de cette réécriture est étonnant et magistral. « Quand j’ai relu la pièce, étonnamment, même si je n’en gardais pas un bon souvenir, j’ai aimé ça, affirme Michel Tremblay. J’ai donc choisi de mettre en scène mon alter ego, Jean-Marc, et son propre alter ego dans la pièce, Benoît, le dramaturge. C’est une mise en abyme d’une mise en  se passe dans une famille d’acteurs. Et voilà qu’apparaissent, dans les splendeurs de l’automne, les préparatifs d’un souper à l’ombre d’une maison centenaire à Vaudreuil. Dans cette fratrie de théâtre, il y a un auteur en panne d’écriture depuis qu’un critique l’a descendu trois ans auparavant. Or, lorsque paraît l’aînée, l’étoile de cette dynastie avec le critique en question à son bras, on comprend que le ciel va leur tomber sur la tête.

Tour à tour léger et poignant, caressant et féroce, drôle et bouleversant, Michel Tremblay, en totale maîtrise de son art, nous entraîne à travers les doutes et les bonheurs de la création. Sous le regard malicieusement bienveillant de Tchekhov, il nous pose les questions universelles qui viennent avec l’âge: ai-je déjà donné le meilleur de moi-même? Suis-je dépassé par la jeunesse ? Que puis-je y faire ?
Serge Denoncourt, qui fréquente avec bonheur Tremblay – et Tchekhov! – depuis plus de trente ans, a rassemblé une distribution à la hauteur de cette création d’envergure, où brillent entre autres les noms de Gilles Renaud (Jean-Marc), Anne-Marie Cadieux (Claire), Éric Bruneau (Christian) et Maude Guérin.

Du 11 au 14 novembre 2022, au Centre national des Arts