Théâtre

Les monologues entrecroisés de Manon, bigote au service de Dieu, et de Sandra, travesti au service du sexe, se fondent puis se confondent. Langages et êtres opposés mais complémentaires, car les protagonistes réalisent qu'ils partagent un même passé, que leur avenir commun s'appelle désespoir et qu'ils sont l'un et l'autre des personnages issus de l'imagination d'un tiers.

Voilà en bref ce qui se déroule sous nos yeux lors de la présentation de Damnée Manon, sacrée Sandra, de Michel Tremblay, une pièce de théâtre créée en février 1977 au Théâtre de Quat’Sous à Montréal. Deux personnages excessifs du cycle des "Belles-Soeurs", dont les drames personnels ont des airs de fin du monde, qui revivent grâce à la production du Théâtre de Neuf Saisons.

Dans une pièce décorée d’une statue de la vierge, Manon vêtue de noir se berce. « MANON : J'me sus rendue compte par moé-même que c'est vrai que le bon Dieu existe ! » Dans sa loge, remplie de vêtements extravagants, Sandra se fait les ongles et prépare son maquillage. « SANDRA : J'vois vraiment rien d'autre que le cul pour me garder en vie. »
Manon_Sandra_juillet 
Le metteur en scène Luc Arsenault entouré de ses personnages,


« En mai dernier, à la salle Paul-Buissonneau du Parc Lafontaine, le public était au rendez-vous, attentif, généreux. On a senti et vu dans leurs yeux, et ça ne ment pas, l'impact que ce magnifique texte de Michel Tremblay a eu sur eux. Merci de nous avoir permis de donner vie et sens à ces deux personnages qu'on aime d'amour », explique le metteur en scène Luc Arsenault.

Celui-ci a confié à Frederic Gagnon (Sandra) et à Amélie Daigle (Manon) la mission de livrer le texte par le biais de ces deux personnages. Luc Arsenault, acteur d’expérience et metteur en scène réputé, mais aussi un humain attachant, a su exploiter de façon remarquable les talents de ces deux comédiens qui lui ont fait confiance et ont su satisfaire ses attentes. C’est Maxime Lacourse qui a développé la magnifique scénographie avec une créativité qui donne une dimension magique à la pièce. Nicolas Villeneuve a fourni les matériaux pour le décor et son transport, alors que Fred et Maxime se sont chargés de le construire. Tout un travail d'équipe !

Après trois représentations couronnées de succès en mai dernier à la salle Paul-Buissonneau du Parc Lafontaine, Manon et Sandra seront de retour à trois reprises en juillet, les samedis 13, 20 et 27, au Théâtre La Comédie de Montréal, dans le Village. Ne ratez pas l’occasion de découvrir, ou de revisiter peut-être cette superbe pièce présentant un pan de l’univers des chroniques du Plateau Mont-Royal et des Belles-Sœurs de Tremblay. Du théâtre d’été en ville.

Réservé aux 13 ans et plus. Durée : 1h30 sans entracte.

Billets disponibles sur le site pointdevente.com 

Manon_Sandra_juillet

Créée pour la première fois en 1981 au Théâtre de Quat'Sous à Montréal, cette pièce qui n’est pas une œuvre majeure dans la production de Michel Tremblay, constitue toutefois un excellent tableau des relations qui suivent une séparation entre deux hommes qui ont connu le bonheur ensemble pendant sept ans.

 Odeurs
Dans sa préface du livre paru en 1981, Guy Ménard, philosophe, théologien, docteur en ethnologie / anthropologie avec une thèse portant sur « Une rumeur de Berdache : contribution à une lecture de l’homosexualité masculine au Québec », explique que « L'auteur a tenté de faire accéder à l'universel des personnages que la culture réduit souvent " à l'unique dimension de leur être (homo)sexuel ".


Les journalistes et critiques n’ont jamais ménagé leurs mots pour qualifier cette œuvre de Tremblay au fil du temps. « La pièce se rapproche déjà de la confidence tant elle s'en tient aux dialogues intimes, presque chuchotés de bouche à oreille, avec des éclats plus bruyants quand ils ne peuvent plus être contenus. » Vincent Desautels, Voir, du 16 au 22 mars 1996. « Pièce intimiste […] et premier pas d'une entreprise de banalisation de l'homosexualité. » Rémy Charest, Le Devoir, 8 mai 1995. « Michel Tremblay vient de s'affirmer dans un nouveau cycle qui, loin des certitudes des comportements passés, interroge un devenir plein de hasards et ces interrogations portent le germe d'une vie passionnante à recommencer. » André Dionne, Lettres Québécoises, n°25, printemps 1983.

Odeurs
L’histoire que propose cette œuvre théâtrale est la suivante : Alors que son père est en phase terminale à l'hôpital, un jeune comédien vient chercher réconfort auprès de l'amant qu'il a quitté après quelques années de vie commune. Ce sera pour eux l'occasion de dresser un bilan lucide de leur relation et de leur vie respective. Car depuis la fin de leur relation, ils se sont retrouvés seuls et ont dû affronter chacun à sa manière leurs démons quotidiens : Jean-Marc en se montrant raisonnable et en oubliant le grand amour ; Luc en choisissant de retomber en amour dix fois par jour.


Les Productions Jean-François Quesnel, qui a déjà proposé la pièce Hosanna du même auteur, qui a lui-même assisté à une des nombreuses représentations présentées à Montréal et ailleurs en région depuis deux ans, en remet avec cette œuvre culte de Tremblay. Cette fois-ci, seulement trois représentations des Anciennes odeurs sont au programme, dans un premier temps : les 16, 17, 18 mai à la Comédie de Montréal. La présentation du 17 mai offrira une interprétation en langue des signes québécoise : tarif spécial pour les personnes sourdes et malentendantes.

Odeurs
Il n’y a pas de supplémentaires à l’agenda pour le moment. Voilà donc une autre raison de profiter de ces représentations pour découvrir cette œuvre, avec Jean-François Quesnel et François Dallaire comme acteurs et co-metteurs en scène.

Odeurs
Prolifique romancier et chroniqueur, dramaturge dont les pièces sont jouées dans le monde entier, Michel Tremblay est l'un des écrivains les plus importants de sa génération. Conteur, adaptateur, traducteur, scénariste, parolier, librettiste, metteur en scène et, bien sûr, auteur dramatique largement diffusé, au Québec et à l'étranger, Michel Tremblay a signé 26 pièces de théâtre, traduites en plus de 26 langues, trois comédies musicales, 11 romans, un recueil de contes, trois recueils de nouvelles, sept scénarios de films, 17 traductions et adaptations et un livret d'opéra.

Les anciennes odeurs
16, 17, 18 mai 2024
Théâtre La Comédie de Montréal
1113 Boul. de Maisonneuve E, Montréal, QC H2L 1Z6
Billetterie : zeffy.com

Plusieurs activités culturelles d’intérêt pour la communauté LGBT s’annoncent à Montréal et ailleurs en région en prélude à l’été. Le monde du théâtre est particulièrement actif ces temps-ci. En voici quelques-unes parmi d’autres.

Les anciennes odeurs
de Michel Tremblay

Printemps théâtral

Jean-Marc, professeur de cégep de trente-huit ans, reçoit chez lui son ex-amant, dont le père se meurt dans une lente agonie. Ce lieu est chargé d'odeurs et d'émotions, de souvenirs heureux et de non-dits moins heureux qui vont guider les personnages dans leurs conversations.

Productions Jean-François Quesnel
Théâtre de la Comédie de Montréal
1113 Boul. de Maisonneuve E, Montréal
16-17*-18 mai 2024
* Interprétation simultanée en langue des signes québécoise.

Billetterie : Zeffy

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Being at home with Claude
de René-Daniel Dubois

Printemps théâtral

L’histoire de Being at home with Claude résonne pour beaucoup de personnes s’identifiant comme 2ELGBTQI+. Lundi 5 juillet 1967. Palais de Justice de Montréal. Alors que l’Expo bat son plein survient un fait divers troublant. Un meurtre crapuleux. Face à un inspecteur déterminé à le faire avouer, un jeune prostitué lève progressivement le voile sur les motifs d’un crime impardonnable pour le commun des mortels.

Une coproduction barre/oblique x La p’tite réplique
Petite salle du Centre culturel de l’Université de Shebrooke,
2500 boul. de l’Université, Sherbrooke
4, 5 et 6 avril 2024

Billetterie : Zeffy

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Every Day She Rose
de Andrea Scott et Nick Green

Printemps théâtral

Une pièce qui explore les relations entre amis et alliés et du privilège qui les séparent. Après la manifestation de Black Lives Matter lors du défilé de La Fierté de Toronto en 2016, deux amis découvrent que leurs politiques raciales et queer ne sont pas aussi alignées qu'ils le pensaient, et les dramaturges qui sont derrière leur histoire doivent trouver comment interpréter cette réalisation.Cathy-Ann, une femme Noire hétérosexuelle, et son colocataire Mark, un homme blanc homosexuel, sont rentrés du défilé avec des points de vue très différents sur ce qui s'est passé et sur la manière dont cela a affecté leurs propres communautés.

Production Black Theater Workshop
(en anglais avec surtitres français)
Théâtre Espace Libre (Studio)
1945, rue Fullum, Montréal)
Du 4 au 13 avril 2024


Billetterie : BTW
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Un coeur habité de mille voix

Printemps théâtral

Roman de Marie-Claire Blais
Adapté pour la scène par Kevin Lambert

Un homme trans en fin de vie qui se prépare à recevoir des ami.e.s. Le personnage, René, 93 ans, commence sa journée en pyjama entouré de son infirmière et d’une grande amie, Louise, qui l’aide à s’habiller. Et au cours de cette journée qui doit se terminer avec l’arrivée d’amies, il dévoile des parties de sa vie, se remémore des amours passées, et parle des luttes auxquelles il a participé comme personne transgenre à l’époque contre l’intolérance. Marie-Claire Blais aborde la question de la mémoire et de la nécessité de se souvenir du passé et des luttes menées par les personnes et les groupes LGBGTQ+, surtout face à la montée de l’homophobie et de la transphobie, et donc, c’est non seulement un testament littéraire mais aussi un testament politique.


Coproduction : Ubu compagnie de création et Espace Go
À l’Espace Go
4890, boulevard Saint-Laurent, Montreal
Du 2 au 28 avril 2024

Billetterie : Espace GO

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La Duchesse de Langeais
De Michel Tremblay

Printemps théâtral
Personnage emblématique, voir mythique de l’œuvre de Tremblay, « Se tenant debout, au bar d’un tout inclus défraîchi quelque part dans le sud, celle qui se présente comme une des plus grandes stars mondiales, la Duchesse de Langeais, vous parle directement, à cœur et à corsage ouvert, de tout et de tout le monde. Son langage est coloré, étonnamment cru et elle en a gros sur le cœur. Elle nous parle de sa vie, se délectant en nous livrant les plus croustillants détails. Hilarante, irrévérencieuse, on ne sait si c’est vérité ou fabulations, mais on reconnaît entre les lignes toute la souffrance d’un homme qui garde, envers et contre tout, une soif d’amour insatiable. »


Interprété par Luc Arsenault
Mise en scène de Fred Gagnon
Théâtre de la Comédie de Montréal
1113 Boul. de Maisonneuve E, Montréal
Supplémentaire : 24-25 avril 2024

Billetterie : La Duchesse

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Le Grand Jeu
Adaptation du film The Full Monty

Printemps théâtral

Quand quatre gars sur le « BS » décident de monter un show de strip-tease. Mais comment passer de « Emploi Québec » au « 281 » quand on a une bedaine et que l’on s’approche plus du colon que de l’Apollon ?! Ils n’ont rien à perdre, rien à cacher… Pour s’en sortir, ils vont tout déballer !


Mise en scène : Jamin Chtouki
Interprètes : Luc Arsenault, Alexis Paquette, Alex Laroche. Jamin Chtouki
Théâtre de la Comédie de Montréal
1113, Boul. de Maisonneuve E, Montréal

Samedis 13 et 20 avril 2024
Vendredis 19 et 26 avril 2024


Billetterie : Le Grand Jeu

Une pièce de théâtre musicale sur la vie de La Poune présentée à partir de l'été prochain abordera son histoire d'amour secrète avec Gertrude Bellerive, qui aura duré plus de 40 ans.
"On parle de la femme de carrière, de tête, de théâtre, la féministe, la comique. Mais on a aussi décidé de parler de l'amoureuse, parce que de son vivant, elle n'en a jamais parlé», a relaté en entrevue Jade Bruneau, la metteure en scène du spectacle La Géante. Mme Bruneau joue également le rôle de «Gigi», l'amoureuse de La Poune.

C'est la petite-fille de Rose Ouellette (dite La Poune), Kathleen Verdon, de qui elle était apparemment très proche, qui a décidé de parler de sa vie amoureuse après sa mort. Le théâtre a d'ailleurs partagé une photo inédite de la collection personnelle de Mme Verdon, où l'on peut voir les deux femmes au Théâtre National.

«Dans le spectacle, c'est pas nécessairement ce qu'on met de l'avant. C'est plus qu'on ne le cache plus (...) cette histoire d'amour exceptionnelle, tellement touchante, qui a traversé le temps», a précisé Mme Bruneau.

La pièce de théâtre raconte le parcours de La Poune, dont l'ascension a semblé si facile, mais qui ne l'a pas été du tout en réalité, souligne Mme Bruneau.

«Évidemment, que c'était pas facile d'être avec une femme, d'être une femme dans un milieu où il n'y avait que des hommes, d'être une femme en poste d'autorité», a-t-elle indiqué.

Rappelons que La Poune a été la première femme à être à la tête d'un théâtre institutionnel en Amérique du Nord.

C'est Gabrielle Fontaine, que plusieurs petits connaissent comme étant Passe-Carreau, qui interprète le rôle de La Poune aux côtés de Mme Bruneau.

La pièce et les paroles sont écrites par Geneviève Beaudet et la musique est composée par Audrey Thériault.

Pour l'aspect musical, les spectateurs ne doivent pas s'attendre à un ton cabaret ou burlesque de l'époque de La Poune, prévient Mme Bruneau.

«Il y a des sonorités très modernes, en même temps on a l'accordéon d'antan. Il y a quelque chose de vraiment unique qui colle à la peau de Rose Ouellette», a-t-elle décrit, ajoutant que trois musiciens seront également sur scène chaque soir.

Le spectacle sera présenté dès le 11 juillet à Joliette, puis à partir du 15 août à Victoriaville. La pièce devrait ensuite se promener au Québec à l'été 2025.

Dès le 24 janvier sur la scène du Théâtre du Rideau Vert,, Benoit McGinnis se glissera sous les traits d’un héros qui contribua à mettre fin à la Seconde guerre mondiale : le brillant mathématicien Alan Turing. Dans La Machine de Turing de Benoit Solès, aux côtés de Gabriel Cloutier Tremblay, Jean-Moïse Martin et Étienne Pilon, et sous la direction du metteur en scène Sébastien David, Benoît McGinnis tâchera de réhabiliter un être exceptionnel pourtant méconnu
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Machine Turing
UN DESTIN TRAGIQUE ET HORS NORME

Plusieurs connaissent aujourd’hui les exploits du mathématicien Alan Turing grâce au film The Imitation Game (Le jeu de l’imitation) mettant en vedette Benedict Cumberbatch. C’est lui qui a inventé un gros appareil – qu’on considère aujourd’hui comme étant le premier ordinateur – afin de briser le code secret de la machine Enigma, que les Allemands utilisaient pour crypter leurs messages, et ainsi mettre fin plus rapidement à la Seconde guerre mondiale.
« Alors, quoi de mieux qu’une machine pour battre une autre machine ? Et qui de mieux qu’un fou pour battre un autre fou ? »
Pourtant, ce que plusieurs ignorent, c’est que ce héros est resté anonyme toute sa vie, contraint par les services sercrets britanniques à conserver ses extraordinaires exploits pour lui. Mais ce qui le ronge davantage encore, c’est un second secret : son homosexualité, qui n’est alors pas tolérée dans sa société et son époque. Sur ses épaules pèse le lourd poids de ces deux secrets, mais aussi du silence qu’il se doit de conserver. Persécuté en raison de ses préférences sexuelles, Alan Turing vit dans la honte et n’est pas pris au sérieux lorsqu’il porte plainte après avoir été cambriolé. C’est d’ailleurs son interrogatoire par un inspecteur de police qui le fera revenir sur sa vie et, en bout de ligne, qui le verra condamné pour grossière indécence et outrage aux mœurs devant le tribunal. Est-il seulement possible de porter une si grande souffrance tout en étant si brillant ?

UN SUJET DES PLUS ACTUELS

Alan Turing est aujourd’hui considéré comme étant le père de l’ordinateur et l’un des pionniers de l’intelligence artificielle. Ses travaux sont fondateurs de l’informatique en tant que science, et ses réflexions scientifiques et philosophiques nourrissent encore les débats. Mais au-delà de ses avancées technologiques, c’est son intégrité et sa lutte pour assumer son homosexualité dans une époque où celle- ci était illégale, qui lui font honneur, alors qu’encore une dizaine de pays dans le monde rendent l’homosexualité passible de peine de mort, et que plus de 70 nations la considèrent toujours comme un délit.

« Présenter La Machine de Turing est presque un devoir de mémoire. L’histoire d’Alan Turing est renversante. Persécuté et humilié parce qu’il était homosexuel, il est demeuré fidèle à ses valeurs en faisant face à la justice de l’époque. On peut dire qu’il a été un pionnier aussi pour les droits et libertés. Il n’y avait qu’un comédien pour chausser les bottes de ce grand homme : Benoit McGinnis. » – Luce et Lucie Rozon, Agents Doubles Productions

UNE PIÈCE PRIMÉE EN FRANCE

Créée en 2018 au festival Off Avignon, puis jouée au Théâtre Michel, La Machine de Turing de Benoit Solès connaît toujours à ce jour un grand succès en France. Interprétée par son auteur lui-même (dans le rôle de Turing), la pièce s’est vue remettre quatre prix Molière, soit celui de la meilleure pièce de théâtre privé, celui du meilleur comédien dans un spectacle de théâtre privé (Benoit Solès), celui du meilleur auteur francophone vivant (Benoit Solès) ainsi que celui du meilleur metteur en scène d’un spectacle en théâtre privé (Tristan Petitgirard)
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LA MACHINE DE TURING
24 janvier // 24 février 2024
Une production
Une pièce de Benoit Solès Adaptation Maryse Warda Mise en scène Sébastien David

Après un succès phénoménal au Théâtre du Trident à Québec en mars dernier, dans une mise en scène d'Alexandre Fecteau, la pièce "N’essuie jamais de larmes sans gants", une imposante tragédie romantique enveloppée de poésie, s'est amenée chez Duceppe à la Place-des-Arts pour le public montréalais. Elle y est présentée jusqu'au 17 décembre.

Cette adaptation pour la scène de Véronique Côté du fameux roman de Jonas Gardell plonge les spectateurs au cœur de l’épidémie de VIH des années 1980 en Suède, à travers l’histoire de personnages attachants incarnés par des interprètes brillants. Ces mêmes interprètes qui ont épaté au Trident enflamment la scène de la PDA.

N'essuie pas de larmes
Synopsis: Rasmus fuit son village et l’étouffant nid familial pour se jeter à corps perdu dans sa nouvelle vie à Stockholm, où brille l’espoir d’être enfin lui-même. Benjamin, lui, est déchiré entre le chemin tracé d’avance par son appartenance aux Témoins de Jéhovah et son simple désir d’aimer quelqu’un qui l’aimera en retour. C’est Paul, flamboyante mère poule pour les gais égarés, qui les réunit par hasard une nuit de Noël. Ils repartent main dans la main sans savoir que leurs pas de deux enfiévrés les mèneront au bord de l’abîme. Que l’un d’eux tombera sous la lame d’une faucheuse que personne ne connaît encore: le sida.

N'essuie pas de larmes


Alexandre Fecteau, qui avait notamment signé la mise en scène d’Amadeus au Trident, s’attaque ici à un chef d’œuvre de la littérature mondiale avec l’audace et l’engagement qu’on lui connaît.

La scénographie de cette oeuvre est fascinante. Des blocs sombres de différentes tailles occupent la scène et prennent diverses formes, se déplaçant constamment, avec l'aide des comédiens et de techniciens de scène, pour s'adapter aux multiples contextes pendant ces quelques presque trois heures de présentation, entrecoupées d'un entracte. Curieusement et heureusement peut-être même, le metteur en scène joue allègrement avec l'humour du texte, ce qui allège le côté tragique de l'oeuvre. On rit beaucoup et franchement à plusieurs moments.

En fin de première partie, la scène est littéralement inondée par une pluie qui tombe sans cesse et qui crée une atmosphère encore plus tragique sur les événements, en plus de détremper les vêtements de presque tous les comédiens. Au retour de l'entracte, c'est sur une scène encore remplie de quelques centimètres d'eau que va se jouer le dénouement de cette nuit de Noël bien particulière. Avec tout ce que ça comporte de difficultés et de contraintes pour les acteurs. 

L'émotion est à son comble, et plusieurs spectateurs ont avoué avoir versé des larmes à plusieurs reprises durant le spectacle. La communauté LGBTQ+, en particulier les hommes gais qui ont été témoins de cette "crise'" du sida à ses débuts dans les années 1980-1990, et leurs proches, sont très présents dans la salle. À la sortie, on sent l'émotion et on entend les commentaires qui fusent à propos de la pertinence et de la justesse de cette présentation théâtrale.

Une activiste de longue date connue auprès de la communauté en matière de prévention du VIH et d'information sur le sida, a déclaré qu'elle allait "se souvenir de cette pièce le reste de sa vie", tellement elle est évocatrice de la réalité vécue, autant ici qu'en Suède, où se déroule l'action.

À Montréal, plus de quinze artistes sur scène, dont la plupart de la création originale :
Maxime Beauregard-Martin, Olivier Arteau, Samuel La Rochelle, Maxime Robin, Gabriel Cloutier Tremblay, Israël Gamache, Laurent Fecteau-Nadeau, Érika Gagnon, Hugues Frenette, Frédérique Bradet, Jonathan Gagnon, Carla Mezquita Honhon. 

Quatre musiciens complètent l'équipe d'interprétation : Anne-Marie Bernard (pianiste), Jean-François Gagné (violoniste), Marie-Loup Cottinet (violoncelliste) et Karina Laliberté (altiste).

Théâtre Jean Duceppe
Billetterie : Place des Arts

Du 6 au 17 décembre 2023

Duceppe

« Ce soir, on ne fait pas l’amour, on se saoûle ! »


C’est sur cette réplique cinglante et bien sentie que la Duchesse de Langeais fait son entrée sur la petite scène qu’elle va occuper durant l’heure qui suit. Pendant six soirs, lors des festivités de Fierté Montréal en août et dans le cadre de Fierté Littéraire, au théâtre de la Comédie de Montréal, dans le Village, Luc Arsenault a fait revivre ce personnage haut en couleurs de l’univers des chroniques du Plateau Mont-Royal.


La Duchesse de Langeais, pièce écrite en 1968 par le dramaturge Michel Tremblay, raconte l’histoire d’un(e) artiste qui se rappelle, tantôt avec amusement, fierté et pavanement, tantôt avec mélancolie, tristesse ou colère, des phases ou expériences allant de sa petite enfance à ses 60 ans. La Duchesse de Langeais, ce personnage emblématique, voire mythique de l’œuvre de Michel Tremblay, est des plus actuels dans les affres de la société qui jugent à outrance les drags queens et le milieu LGBTQ+ de Montréal et de tout le Québec.


La pièce a été montée dans l’essence des années 70, afin de mettre en lumière ce précurseur du monde LGBTQ+ actuel et donner une leçon d’histoire des origines de cette communauté colorée.


Avec peu de moyens et à la suite d’une promotion réduite, misant beaucoup sur le bouche à oreille en surfant sur les publications de Fierté Littéraire sur les médias sociaux, le comédien Luc Arsenault a accompli un véritable tour de force, avec le concours de Fred Gagnon à la mise en scène, en faisant salle comble presque tous les soirs dans un coin de la salle de la Comédie de Montréal (une trentaine de places). Les spectateurs avaient l’impression d’être assis sur la même terrasse que la duchesse durant les 60 minutes que dure cette prestation.


Se tenant debout, au bar d’un tout inclus défraîchi quelque part dans le sud, celle qui se présente comme une des plus grandes stars mondiales, la Duchesse de Langeais, vous parle directement, à cœur et à corsage ouvert, de tout et de tout le monde. Son langage est coloré, étonnamment cru et elle en a gros sur le cœur. Elle nous parle de sa vie, se délectant en nous livrant les plus croustillants détails. Hilarante, irrévérencieuse, on ne sait si c’est vérité ou fabulations, mais on reconnaît entre les lignes toute la souffrance d’un homme qui garde, envers et contre tout, une soif d’amour insatiable.

Duchesse de Langeais
« L’univers de Michel Tremblay est riche de personnages plus colorés les uns que les autres. La Duchesse est pour moi une figure de proue du théâtre québécois. C’est avec une grande humilité et un profond respect que je me suis attaqué à ce personnage. Sous l’œil avisé de mon metteur en scène, nous avons donné une nouvelle vie à cet être attachant et haut en couleurs », explique Luc Arsenault, qui se réjouit de ce beau succès du mois d’août 2023 et qui, de toute évidence, s'est glissé dans la peau de la Duchesse sans ménagement.


Luc Arsenault a une formation en théâtre du Cégep Lionel-Groulx et œuvre dans ce milieu depuis plus de 40 ans. Comédien, formateur, metteur en scène, coach de théâtre, auteur-créateur, il est un touche-à-tout qui a visiblement pris grand plaisir à incarner ce personnage plus grand que nature. Ceux et celles qui connaissent l’œuvre de Tremblay seront charmés par cette interprétation magistrale.

 Duchesse de Langeais
À la suite de la première création sur scène de l’œuvre, on pouvait lire : « De tous les travestis créés par Michel Tremblay, La duchesse de Langeais est le plus tragique », écrivait Luc Boulanger, dans le défunt journal Voir, en juin 1996. « Une de ses œuvres les plus déroutantes, les plus crues, les plus drôles également », disait Jean Beaunoyer, critique à La Presse, le 23 juin 1996.


À l’extérieur des scènes de théâtre, dont celle du Trident à Québec en 2019 avec l’excellent comédien Jacques Leblanc dans ce rôle, on a peu vu la Duchesse au fil des années. Le metteur en scène et cinéaste André Brassard, grand complice de Tremblay, l’avait fait camper par le comédien Claude Gai dans son film « Il était une fois dans l’Est », en 1974, un collage de différents éléments tirés des chroniques du Plateau Mont-Royal, dont les Belles-Sœurs et Hosanna, par exemple. Le nom réel du personnage créé par Michel Tremblay est Édouard Tremblay, alias Antoinette de Langeais, duchesse.

 
L’expérience du mois d’août ayant suscité pas mal de réactions positives et d’engouement sur la toile, les deux complices ont décidé de ramener la Duchesse pour deux soirs, les 13 et 14 septembre 2023 sur la grande scène du Théâtre La Comédie de Montréal. Une présentation du Théâtre de Neuf Saisons.

Théâtre de Neuf Saisons présente
La Duchesse de Langeais
13 et 14 septembre 2023
20h00 à 21h30 / Entrée: 19h00
Théâtre La Comédie de Montréal
1113, Boulevard de Maisonneuve est,
MONTREAL, QC

Billetterie : https://lepointdevente.com/billets/laduchesseelangeais130923

Tout le monde ou presque connaît Mado Lamotte, ce personnage que son créateur, Luc Provost, incarne depuis plus de 35 ans. Mais peu savent que derrière Mado se cache un comédien, amoureux du théâtre, qui a étudié en théâtre à l’UQÀM et qui fera sa rentrée sur scène en septembre prochain, sous les traits de Claude Lemieux incarnant la célèbre travestie Hosanna, dans une adaptation-montage de la pièce Hosanna et du récent roman la Shéhérazade des pauvres, de l’auteur Michel Tremblay. Cette fois-ci, c’est Luc qu’on verra, sans costume, sans maquillage, sans artifice.

C’est avec le Théâtre du Trident, au Grand Théâtre de Québec, que cette première présence théâtrale de Luc Provost se réalisera, sous la direction du metteur en scène Maxime Robin.

Hosanna Trident L'auteur Michel Tremblay

Rappel du synopsis.
Depuis la fameuse soirée de 1973 où Hosanna a cru réaliser le rêve de sa vie en se travestissant en Elizabeth Taylor dans Cléopâtre, Claude Lemieux se terre dans son appartement de misère, entre ses guenilles de “folle” et ses rasades de gin quotidiennes. Quand ce vieil ex-travesti reçoit la visite d’un jeune journaliste qui s’intéresse à la faune des années soixante-dix, l’entrevue d’une heure prévue avec Claude se transforme en un échange d’une semaine avec Hosanna. Allant au bout de sa vérité, Hosanna redonnera vie à Cuirette, Sandra, la duchesse de Langeais et tous ces personnages désespérément en quête d’amour et de reconnaissance.


Maxime Robin signe l’adaptation et la mise en scène de cette œuvre intitulée « Hosanna ou la Shéhérazade des pauvres ».
« J’avais envie, avec Hosanna, d’aborder l’identité de genre. On manquait de contexte et l’arrivée du nouveau roman de Michel Tremblay l’a amené avec la présence du personnage d’Hosanna plus vieux. Luc “Mado Lamotte” Provost se glissera dans la peau de la vieille Hosanna. Il a eu le vertige lorsqu’on l’a approché et il a aussi été traversé par une grande excitation », a raconté le directeur artistique du Trident, Olivier Arteau.

Hosanna Trident Luc Provost, alias Mado
PHOTO : ERIC MYRE / TVA PUBLICA


C’est le jeune comédien Vincent Roy qui jouera la Hosanna des années 70.

La pièce sera présentée à la salle Octave-Crémazie du GTQ (19 représentations), du 12 septembre au 7 octobre 2023. Pour la billetterie, c’est ICI.

Par Pierre Perreault

Le jeudi 17 mai dernier, Robert Lepage et son équipe du Théâtre Le Diamant de Québec avaient réuni les « amants et amantes » de ce bijou de salle de spectacles pour y présenter la programmation 2023-2024.


Après avoir enfin terminé une première année d’opérations sans interruption depuis son inauguration, Le Diamant dévoilait les grandes lignes ce qui y sera présenté en 2023-2024, incluant une première offre estivale des plus divertissantes, sans oublier le populaire toit-terrasse et sa vue exceptionnelle sur le Vieux-Québec à partir du 17 juin.

Le Diamant de Québec
Les GuidesGQ y étaient invités et vous présentent les grandes lignes de cette impressionnante programmation.


D’ici le printemps 2024, le public du Diamant sera transporté dans des univers théâtralisés novateurs, présentant une grande diversité d’expressions artistiques. Robert Lepage, directeur artistique du Diamant, et Viviane Paradis, cheffe de la programmation, ont soigneusement sélectionné onze spectacles d’horizons artistiques divers et une installation, auxquels s’ajoutent quatre galas de lutte, désormais incontournables.


Au cours de l’été, on pourra y voir du cirque, l’art de la drag et une installation cinétique.


- Dirty Laundry 29, 30 juin et 1er juillet
Une soirée cabaret déjantée avec comme invitée spéciale la drag queen québécoise Barbada. Briefs Factory est un collectif Australien qui produit des performances physiques évocatrices et impertinentes, inspiré par le cirque, la drag, la danse, le burlesque, la musique, la comédie et le monde en constante évolution qui les entoure.

Le Diamant de Québec
- Dreamland / Territoire de rêve30 juin au 6 août
Présentée au studio Lepage Beaulieu, Dreamland / Territoire de rêve est une installation cinétique inspirée de l’histoire de Coney Island, parc d’attractions américain situé à Brooklyn. Dans un décor de parc d’attractions abandonné, les visiteurs circulent, comme des géants érudits autour d’une époustouflante île fantastique aux mille mini mécaniques. Une fête foraine robotisée à la fois ludique et torturée.

Le Diamant de Québec
- Après la nuit3 au 5 août
Créé par la compagnie Nord Nord Est sous la direction de Benoit Landry, le spectacle de cirque Après la nuit met en vedette CHANCES, trio montréalais aux sonorités empruntant à l’électro, à la pop et à la musique du monde… Au-dessus et autour d’eux, une distribution exceptionnelle d’une douzaine d’acrobates et danseurs qui s’emparent du Diamant dans toute sa hauteur, donnant la part belle aux acrobaties aériennes. Un événement unique !

Le Diamant de Québec
- Swing Swing Swing – Soirée dansante au Diamant 9 septembre
Au son d’un groupe de 8 musiciens, on découvrira les danses swing (lindy hop, charleston, boogie, balboa) dans l’imposante salle Hydro-Québec du Diamant transformée en salle de bal des années 1930 pour l’occasion. Cours d’initiation, danseurs professionnels et numéros de cirque sauront émerveiller vos yeux, charmer vos oreilles, et dégourdir vos jambes. Une soirée inoubliable, remplie de surprises et de rencontres.

Le Diamant de Québec

Programmation automne-hiver
Les amateurs de théâtre seront choyés avec les présentations de « Les dix commandement de Dorothy Dix » avec en vedette Julie LeBreton; le fameux « Projet Riopelle » d’ex-Machina/Robert Lepage, avec entre autres Luc Picard dans le rôle titre; l’impressionnante « Les aiguilles et l’opium » d’ex-Machina/Robert Lepage; « M’appelle Mohamme Ali » sur la vie de cette icône culturelle des années 1960 et grand champion du monde de la boxe.

On pourra aussi voir la troupe « Machine de cirque », spectacle qui a été présenté à plus de 700 reprises en Europe, en Asie et en Amérique du Nord.

D’autres spectacles prendront l’affiche plus tard, comme « Arène – Lutte Cirque Théâtre » d’Ex-Machina et Flip Fabrique; « Les aveugles », La fantasmagorie technologique qui résulte de ce travail de création est une « séance théâtrale » d’une durée de 45 minutes où la pièce est entièrement jouée par des projections vidéo sur des masques; « Une voix pour être aimée », Maria Callas, avec Françoise Faucher et Marc Hervieux, un projet unique et original sur la vie et la carrière de la célèbre cantatrice Maria Callas.

Le Diamant de Québec

Enfin, soulignons le retour des désormais classiques galas de lutte professionnelle au Diamant. La lutte attire les foules, qu’il s’agisse des fans du premier jour ou de nouveaux publics curieux de vivre l’expérience électrisante proposée par la North Shore Pro Wrestling (NSPW). Les lutteur-euse-s préféré-e-s et de nouveaux visages performeront au Diamant le 1er septembre, 13 janvier, 23 mars et 11 mai prochain !

Le Diamant de Québec

Le Diamant
lediamant.ca
966, rue Saint-Jean
Québec (QC) G1R 1R5
418 692-0330

Billetterie : 418 692-5353
billetterie@lediamant.ca
ou en ligne sur le site Web.

What happens when you’re caught between bittersweet memories of youth and the realities of middle age, with only a couple of opinionated old gay friends to lend you an ear. From the writer of the hit play Mambo Italiano, another sharp-witted look at what it means to be an Italian/Canadian gay man in an ever-changing world.

https://youtu.be/ZIMZTgcIkF4

Three old friends gather and reminisce about the past — the good, the bad, and the outrageous. They talk about everything from boyfriends to Sunday night dinners, backed by a soundtrack of Blondie, the B-52s, and the Village People. Everything bubbles to the surface while memory and loss stir up questions about healing and moving on.

With an open heart, Galluccio has penned a story about his own loves and losses in an unabashed love letter to Montreal. How do you remember your past? At the beginning of time… when everything is fresh and new. Galluccio’s newest play reminds us that memories are like a good shot of espresso: best shared among friends.

“​​At the Beginning of Time is my most personal play since Mambo Italiano. It seems only fitting that 20-some-odd years later I am back at Centaur to share this new chapter. In 2018 my life exploded, and I was forced to re-imagine my existence. I was a gay man in my late 50s who thought his life was settled. Overnight I found myself at the beginning of time, in a new chapter, in a new world, and a new reality. New beginnings are frightening and overwhelming, but if you surrender to the journey, the destination will ultimately be… spectacular. Thank you Centaur Theatre for taking my broken heart and turning it into art. Theatre, much like time, heals all wounds.”

– Steve Galluccio

Centaur Theatre

February 21 - March 12, 2023