Décès d’Armand Monroe : portrait de cette figure emblématique de la scène gaie

par andré gagnon


Par Gaëtan Vaudry

Le 24 novembre dernier, la scène gaie de Montréal perdait l’un de ses pionniers. Armand Monroe - de son vrai nom Armand Larrivée - s'éteignait dans son sommeil à la Maison de soins palliatifs St-Raphaël. Véritables ondes de choc pour ceux et celles qui appréciaient cet homme, porte-étendard de plusieurs luttes pour les gais et lesbiennes au fil des ans, dont le droit aux hommes de pouvoir danser ensemble, à une époque où l'homosexualité était criminalisée au Canada, de même que le tout premier défilé gai et bien plus.

Natif de Saint-Henri en 1935, le jeune Armand quitte le nid familial à 18 ans, afin de s’installer dans le très vivant centre-ville de Montréal, tout de même conscient de la difficulté (voire la honte) d’être gai à l’époque. Toutefois, pas question pour lui de s’afficher autrement que tel qu’il est, expliquant qu’il n’a jamais besoin de sortir de la garde-robe, puisqu’il n’y est jamais allé. Rejeté par sa mère, il se créera une nouvelle famille avec ses amis gais, devant une figure emblématique de la scène homosexuelle.

Depuis des lustres, tous le surnommaient affectueusement La Monroe lui qui avait une admiration sans borne pour l’actrice Marilyn Monroe, depuis la sortie du film à succès « Comment épouser un millionnaire. » Il faudra attendre en 1957 pour on lui propose de devenir animateur au Tropical Room, situé sur la rue Peel. Le lieu deviendra le premier établissement exclusivement homosexuel au Québec, alors que La Monroe y proposera des bingos, des spectacles de drag queens et plusieurs concours de Monsieur muscles. C’est d’ailleurs pour souligner en grand son 23e anniversaire de naissance qu’il demandera au patron de l’endroit que les hommes puissent danser ensemble, ce qui était bien évidemment défendu à l’époque…

De plus en plus connu, Armand Monroe travaillera dans plusieurs établissements dont l’Hawaiian Lounge, le Quartier Latin et le Café Beaver. Au cabaret le PJ’s, il s’amuse dans ses spectacles à jouer le rôle de la « grande folle émancipée », avec lequel il connaîtra un immense succès. En 1974, toujours au PJ’s, La Monroe accueillera les New York Dolls, ouvrant la porte de l’underground montréalais au glam rock, puis au punk du groupe Les 222. En 1980, il animera la Fête nationale au Carré Dominion où il attirera de nombreuses personnes curieuses de découvrir qui il est. En 1983, il produira un méga spectacle de travestis au Vieux St-Vincent à Laval et, quelques années plus tard, on le retrouvera également dans le spectacle historique Vice & Vertu, présenté par les 7 Doigts de la main.

En mars 2017, Armand Monroe se confie à Hugo Lavoie, dans le cadre de l’émission Gravel le matin, sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première, en soulignant : « Je remercie tous les homosexuels de 1957 à 1969 qui, au risque de perdre leur liberté, sont venus m’encourager. Ce sont eux les pionniers. »

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